samedi, 28 mai 2005
Le Social et l'Union européenne
Certains considèrent que le social au niveau de l'Union européenne s'illustre par une obligation de moyens et en aucun cas de résultats
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette analyse;
Même si je la considère comme pouvant se justifier.
Mais je la considère tout de même inexacte notamment parce qu'en matière sociale, l'Union européenne n'est qu'un appui aux politiques sociales nationales.
En effet, ces politiques restent du ressort national et n'est pas une compétence exclusive de l'Union.
C'est juste une compétence d'appui.
C'est pourquoi la politique sociale de l'UE ne peut être générale et complète.
Ensuite, il faut remarquer que l'Union essaie de promouvoir un autre modèle social que ce des Etats membres, et qui est fondé sur "l'économie sociale de marché" (ce dont tu parles).
Le Fonds social européen (FSE) a ainsi pour vocation de réduire les inégalités territoriales afin de favoriser une concurrence libre et loyale (mais justement dans le bon sens du terme, comme pour éviter le dumping social et la concurrence entre les individus).
Les aides à ces territoires périphériques ont, au moment de l'élargissement, un effet tremplin indéniable qui accentue leur avantage comparatif, mais le retour sur investissement est tout aussi absolument indiscutable.
Il suffit pour s'en rendre compte de prendre l'exemple de l'Irlande, de l'Espagne et du Portugal (mais en revanche on doit regretter fortement le nouveau fait que certains Etats comme la France et l'Allemagne ne souhaitent pas contribuer à un budget européen supérieur à 1%, ce qui n'est rien ! Il est actuellement de 1,27 % et c'est le minimum. Mais cela n'a rien à voir avec la Constitution).
Ensuite, il est indéniable que l'Union européenne ne néglige aucunement les populations les plus défavorisées.
Elle agit directement sur une base territoriale, mais elle agit aussi indirectement en favorisant une coordination volontaire des politiques des Etats par l'adoption de méthodes ouvertes de coordination dans des domaines aussi fondamentaux que la lutte contre l'exclusion sociale (stratégie de Lisbonne, mars 2000) ou l'accroissement du taux d'activité des seniors (Conseil européen de Stockholm, mars 2001).
L'économie du système communautaire est cohérente avec les objectifs de l'Union et le principe de subsidiarité (l'UE n'intervient que lorsque son action est nécessaire et plus efficace que celle de l'Etat ou de la collectivité).
Il est vrai cependant qu'elle nécessiterait un tempérament car il peut paraître nécessaire d'imposer des normes transnationales absolues en matière d'hygiène, de sécurité et de santé au travail afin d'éviter que la protection du travailleur sur son lieu de travail soit une variable d'ajustement dans une stratégie de « compétitivité prix ».
Mais cela ne peut guère être défini trop rigidement dans une Constitution alors même que ces normes doivent évoluées.
Cette mission doit donc s'accomplir à travers les politiques de la Commissions et des Présidences européennes.
D'ailleurs cela commence à se faire concrètement, depuis la présidence néerlandaise (« Stratégies d'intervention efficaces en matière de sécurité et de santé au travail »).
Le modèle social européen ne s'inspire pas d'un modèle national existant.
Il se crée sui generis.
Refuser le "Traité instituant une Constitution pour l'Europe" pourrait signifier que l'on considère le modèle social britannique comme le seul capable de répondre aux exigences de la mondialisation.
Ce serait là un triste défaitisme.
Dimanche, votons "oui", pour nous garantir un avenir plus prometteur.
19:10 Publié dans Le Social et l'Union | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


