mardi, 31 mai 2005
Continuer le combat pour l'Europe et contre le populisme
Et bien désormais, il va falloir continuer le combat après cette triste défaite du "oui".
Un combat pour maintenir la Constitution européenne et la faire adopter si l'ensemble des autres pays européens la veulent.
La France n'est pas seul et ce texte concerne toute l'Union.
Elle n'a pas à décider pour tout le monde.
Et elle n'a aucun intérêt à sortir de l'Union.
Il faut continuer à promouvoir l'Europe et à expliquer à quel point cette Constitution est une bonne chose pour l'UE et pour la France.
Il faut contrer le populisme qui s'invite à chaque période de grave crise sociale.
Pour ma part, mon espoir ce n'est ni Chirac, ni Sarkozy, ni le PC, li la LCR, ni Le Pen, ni De Villiers.
Mon espoir, c'est l'Europe.
Et je continuerai à me battre pour celle-ci, pour l'union des peuples et la solidarité entre eux.
Je refuse tout repli sur soi, tout nationalisme.
nicolas cadène
OUI A L'EUROPE
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lundi, 30 mai 2005
Conclusions d'une triste victoire d'un mauvais "non"
VOICI UNE LETTRE A LAQUELLE JE M'ASSOCIE QUI POSE CERTAINES CONCLUSIONS DU RESULTAT REFERENDAIRE DE DIMANCHE 29 MAI 2005.
"Le 29 mai 2005, l'escroquerie a triomphé en politique. Cette victoire du "non" porte la marque d'une inquiétante cessité et véhicule le germe en France et en Europe d'une bien noire moisson.
Les prétendus responsables politiques qui ont conduits à ce désastre, d'abord ceux qui ont légitimé ce vote destructeur, mais aussi ceux qui l'ont provoqué par rejet d'une certaine politique gouvernementale caractérisée par l'autisme et l'incompétence, devront en assumer la responsabilité devant l'Histoire.
Aucun argument du "non" ne résistait pourtant à l'analyse ou même au sens commun, malgrè les défauts indéniables d'une Europe encore en devenir et perfectible. Le résultat est cependant là, les français sont restés sourds et ont brutalement jugé "globalement négatifs" 50 ans de patiente construction européenne. Ce verdict est profondément injuste.
Mais ce "non" doit être entendu sous peine de plus graves déconvenues encore. Je suis convaincu que les français n'ont pas voté sur l'Europe, dont ils ne connaissent malheureusement pas grand chose, sauf les souverainistes et nationalistes affirmés. Contrairement à ce qui a été dit les français n'ont pas étudié la Constitution et voté en toute connaissance de cause, sinon le "oui" aurait été évident pour une large majorité d'entre eux. Même pour des spécialistes et des juristes cette Constitution est un texte compliqué et pour apprécier ses mérites encore aurait-il fallu être capable de la comparer aux traités en vigueur.
Mais dans un référendum, élection particulière dans laquelle une question lui est posée, on ne demande pas à l'électeur d'être un expert, un technicien juriste, on lui demande de donner son avis, d'exprimer son sentiment. La réponse se fonde parfois sur la raison, la réflexion, parfois elle provient d'une dimension plus profonde, plus intime, la conviction ou l'instinct. Il en a été ainsi ce soir.
Comme dans toute décision, la conviction se forge au travers de médiateurs, de relais d'opinions, la presse, la société civile, les ténors politiques, les intellectuels, ... Cette construction de l'intime conviction repose sur la confiance que l'on accorde à celui qui vous apporte les explications que l'on demande.
Et c'est là que le référendum de ce soir fait éclater la gravité de la situation. La société et ses composantes les plus éclairées, les plus dignes invitaient presqu'unanimement à voter "Oui". Mais les français ont préféré suivre les consignes du vote négatif auquel les appelaient les franges extrêmes de la société, malopportunement servies par quelques tacticiens en mal de rebondissements politiques.
La déconsidération de la "classe politique" a atteint un tel degré aujourd'hui qu'une majorité peut se nouer entre les extrêmes pour engager dans l'impasse un grand peuple et une grande Nation comme la France. Le constat est terrible. Les démagogues revanchards et prêts pour de nouvelles croisades et les idéalistes sectaires zélateurs brouillons de révolutions sans issues ont réussi à confisquer la raison des français et à déterminer leur vote. Comment a-t-on pu en arriver là ? Abandonner notre futur, destin et celui de nombreux autre peuples européens à des bonimenteurs servant une propagande en conserve.
Une conclusion s'impose: pour qu'il ait été possible qu'une bataille pour une aussi noble cause que l'Europe ait pu être perdue aussi lamentablement dans un référendum sur un traité aussi prometteur et favorable aux intérêts de la france, c'est que notre démocratie va mal et que notamment les INSTITUTIONS de la Vème République sont en crise grave.
Un remaniement gouvernemental ne suffira donc pas à éviter la réédition du vote protestataire de ce jour. Il est essentiel de bien comprendre pourquoi le divorce est aussi criant entre la représentation parlementaire et politique et l'expression populaire.
La pratique hypocrite des institutions nous a conduit à ce résultat. Elle permet désormais au premier prêcheur démagogue venu de passer pour un témoin de vérité paré de la respectabilité que les autres n'ont pas su préserver.
Il faut se rendre à l'évidence, nos institutions ont vécu car elles ne génèrent plus aujourd'hui que le mensonge, la trahison et une terrible impuissance. Elles ont perdu leur légitimité. A quoi sert d'élire un Président de la république au suffrage universel si une fois élu il se sent autorisé à ne plus tenir aucun compte de ce suffrage. Peut-on accepter plus longtemps qu'un président ne tire aucune conséquence d'un désaveu aussi cinglant ? perdre des élections locales est une chose, mais perdre une consultation nationale à laquelle rien ne l'obligeait ? après avoir déja été désavoué à la suite d'une dissolution puis été réélu par défaut ? Un président qui s'abrite en permanence de ses échecs derrière un Premier ministre qui n'est pourtant que sont fidèle exécutant; un président qui n'a pour ambition que de durer, ce n'est plus tolérable. Il faut mettre un terme aux dérives de nos institutions qui ne sont plus en phase avec le tempo démocratique.
Je suis d'avis que le rejet de la Constitution européenne doit nous faire nous interroger sur notre propre constitution. Modification ou VI ème république, il faut en tous cas sans tarder décider de mettre fin à l'anomalie française de monarchie républicaine, décider que le Président de la République ne sera plus élu au suffrage universel et qu'il assurera simplement la continuité de l'Etat comme dans toute République digne de ce nom. A l'opposé du modèle actuel, le Premier ministre gouvernera (avec un mode de scrutin efficace dégageant des majorité claires) et ASSUMERA enfin devant les électeurs la politique qu'il aura conduite. Responsable aussi devant son parti, la rotation politique et le renouvellement des responsables politiques devrait rejoindre la norme des démocraties occidentales car la France détient des records inquiétants en termes de longévité politique.
Les critiques adressées à l' "establishment", aux "tous-pourris", aux "bonnet blanc et blanc bonnet", à la "classe politique", ne doivent plus pouvoir proliférer et la noblesse doit être rendue à la parole et à l'engagement politiques, par des règles politiques plus saines et plus strictes au besoin. Discrédités, les hommes de pouvoir ne sont plus audibles face aux nouveaux aventuriers de la politique , devenus les héros/héraults des citoyens fatigués et aveuglés par leur desarroi.
Les chantiers pour le renforcement de la démocratie francaise ne manquent pourtant pas : publications obligatoire du patrimoine et des revenus des élus et de leur conjoint en début et en fin de mandat, interdiction pour un élu d'employer et de rémunérer dans la collectivité dont il est responsable un membre de sa famille, interdiction de tout cumul de mandat électoral sauf en qualité de maire de petite commune si l'on veut une "expérience de terrain", pas de récupération automatique de mandat après une démission ou la perte d'un portefeuille ministériel, interdiciton de se présenter dans une élection pour succéder immédiatement dans un même mandat à un membre de sa famille , suppression de l'ENA ou fin de son monopole pour le recrutement direct dans les grands corps pour lutter contre la pensée unique, allègement de la bureaucratie française (beaucoup trop de communes, choix définitif entre département et région, suppression d'une deuxième chambre sinécure ...), etc etc ...
Ce soir les français n'ont pas cru leurs "élites", ni la droite au pouvoir ni davantage l'opposition socialiste à capacité gouvernementale. Ils ont écouté de bien inquiétantes sirènes qui rappellent davantage la musique du repli identitaire et nationaliste, de la défiance vis à vis des organes et organismes représentatifs, du chacun pour soi et de l'enfer c'est les autres (entendez l'Europe), que l'engagement fraternel et solidaire en faveur d'un monde meilleur pour tous. Sincères, ils l'étaient surement. Ils ne tarderont pas à comprendre qu'ils ont été floués et qu'iis se sont eux-mêmes perdus dans cette victoire du reNONcement. Leur colère risque alors de déraper et d'emprunter des voies redoutables.
Il faut qu'émerge du chaos référendaire un projet pour refonder la République et redonner confiance aux français dans la démocratie représentative. CHIRAC n'en est manifestement pas capable; SARKOSY n'a rien d'autre à proposer qu'un coktail détonnant alliant un crédo plus libéral que jamais au plan économique et une ritournelle classiquement conservarice au plan politique.
Ce soir le ressort d'un espoir sans précédent dans l'histoire a été cassé, la dynamique d'un projet multinational, multiculturel, pacifique et démocratique d'une ampleur inégalée a été étouffée. Malgrè ce deuil, attelons nous à rendre impossibles de nouveaux sabordages en restituant sa respectabilité à la République et à la politique.
Ecrit par : Michel S. Paris 12è | lundi, 30 mai 2005"
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