mardi, 31 mai 2005

Lettre


Continuer le combat pour l'Europe et contre le populisme

Et bien désormais, il va falloir continuer le combat après cette triste défaite du "oui".

Un combat pour maintenir la Constitution européenne et la faire adopter si l'ensemble des autres pays européens la veulent.

La France n'est pas seul et ce texte concerne toute l'Union.
Elle n'a pas à décider pour tout le monde.
Et elle n'a aucun intérêt à sortir de l'Union.

Il faut continuer à promouvoir l'Europe et à expliquer à quel point cette Constitution est une bonne chose pour l'UE et pour la France.

Il faut contrer le populisme qui s'invite à chaque période de grave crise sociale.

Pour ma part, mon espoir ce n'est ni Chirac, ni Sarkozy, ni le PC, li la LCR, ni Le Pen, ni De Villiers.

Mon espoir, c'est l'Europe.

Et je continuerai à me battre pour celle-ci, pour l'union des peuples et la solidarité entre eux.

Je refuse tout repli sur soi, tout nationalisme.


nicolas cadène

OUI A L'EUROPE

LETTRE A NOS CONCITOYENS EUROPEENS

Chers Concitoyens Européens,

Simplement pardon.

Pardonnez nous ce vote "non" et croyez bien qu'il ne s'agit en aucun cas d'un rejet de l'Union européenne.

L'Union est notre seul avenir crédible et porteur d'espoir.

Simplement, la France a voté hier avec ses tripes et non avec sa raison.

Elle a voté contre un gouvernement incapable et un Président qui n'a aucun bilan positif de toute sa carrière politique.

La France a tout à fait omis l'enjeu européen et n'a pas su voir les aspects positifs d'un texte historique bien que imparfait.

La France a manqué cette grande étape.

Mais ne lui en voulez pas.

Notre pays subit une profonde crise économique, sociale et de ses institutions.

Ce "non" exprime la volonté de réforme et de changements dans ces domaines.

Domaines et enjeux malheureusement nationaux et non européens.

Mais les amalgames ont été nombreux et beaucoup ont considéré l'Union comme la cause de l'ultra-libéralisme et du moins disant social en France.

Alors même qu'en réalité, la cause en revient à Chirac, à son gouvernement et à Sarkozy, qui paradoxe monstrueux, risque de devenir Premier Ministre.

La France est au plus bas,

Alors, Chers Concitoyens Européens, Chers Camarades, ne nous blâmez pas mais venez nous aider et nous sortir de ce cauchemar.

Merci.


Nicolas cadène, un Citoyen Européen avant tout.

OUI A L'EUROPE

lundi, 30 mai 2005

Conclusions d'une triste victoire d'un mauvais "non"

VOICI UNE LETTRE A LAQUELLE JE M'ASSOCIE QUI POSE CERTAINES CONCLUSIONS DU RESULTAT REFERENDAIRE DE DIMANCHE 29 MAI 2005.


"Le 29 mai 2005, l'escroquerie a triomphé en politique. Cette victoire du "non" porte la marque d'une inquiétante cessité et véhicule le germe en France et en Europe d'une bien noire moisson.

Les prétendus responsables politiques qui ont conduits à ce désastre, d'abord ceux qui ont légitimé ce vote destructeur, mais aussi ceux qui l'ont provoqué par rejet d'une certaine politique gouvernementale caractérisée par l'autisme et l'incompétence, devront en assumer la responsabilité devant l'Histoire.

Aucun argument du "non" ne résistait pourtant à l'analyse ou même au sens commun, malgrè les défauts indéniables d'une Europe encore en devenir et perfectible. Le résultat est cependant là, les français sont restés sourds et ont brutalement jugé "globalement négatifs" 50 ans de patiente construction européenne. Ce verdict est profondément injuste.

Mais ce "non" doit être entendu sous peine de plus graves déconvenues encore. Je suis convaincu que les français n'ont pas voté sur l'Europe, dont ils ne connaissent malheureusement pas grand chose, sauf les souverainistes et nationalistes affirmés. Contrairement à ce qui a été dit les français n'ont pas étudié la Constitution et voté en toute connaissance de cause, sinon le "oui" aurait été évident pour une large majorité d'entre eux. Même pour des spécialistes et des juristes cette Constitution est un texte compliqué et pour apprécier ses mérites encore aurait-il fallu être capable de la comparer aux traités en vigueur.

Mais dans un référendum, élection particulière dans laquelle une question lui est posée, on ne demande pas à l'électeur d'être un expert, un technicien juriste, on lui demande de donner son avis, d'exprimer son sentiment. La réponse se fonde parfois sur la raison, la réflexion, parfois elle provient d'une dimension plus profonde, plus intime, la conviction ou l'instinct. Il en a été ainsi ce soir.

Comme dans toute décision, la conviction se forge au travers de médiateurs, de relais d'opinions, la presse, la société civile, les ténors politiques, les intellectuels, ... Cette construction de l'intime conviction repose sur la confiance que l'on accorde à celui qui vous apporte les explications que l'on demande.

Et c'est là que le référendum de ce soir fait éclater la gravité de la situation. La société et ses composantes les plus éclairées, les plus dignes invitaient presqu'unanimement à voter "Oui". Mais les français ont préféré suivre les consignes du vote négatif auquel les appelaient les franges extrêmes de la société, malopportunement servies par quelques tacticiens en mal de rebondissements politiques.

La déconsidération de la "classe politique" a atteint un tel degré aujourd'hui qu'une majorité peut se nouer entre les extrêmes pour engager dans l'impasse un grand peuple et une grande Nation comme la France. Le constat est terrible. Les démagogues revanchards et prêts pour de nouvelles croisades et les idéalistes sectaires zélateurs brouillons de révolutions sans issues ont réussi à confisquer la raison des français et à déterminer leur vote. Comment a-t-on pu en arriver là ? Abandonner notre futur, destin et celui de nombreux autre peuples européens à des bonimenteurs servant une propagande en conserve.

Une conclusion s'impose: pour qu'il ait été possible qu'une bataille pour une aussi noble cause que l'Europe ait pu être perdue aussi lamentablement dans un référendum sur un traité aussi prometteur et favorable aux intérêts de la france, c'est que notre démocratie va mal et que notamment les INSTITUTIONS de la Vème République sont en crise grave.

Un remaniement gouvernemental ne suffira donc pas à éviter la réédition du vote protestataire de ce jour. Il est essentiel de bien comprendre pourquoi le divorce est aussi criant entre la représentation parlementaire et politique et l'expression populaire.

La pratique hypocrite des institutions nous a conduit à ce résultat. Elle permet désormais au premier prêcheur démagogue venu de passer pour un témoin de vérité paré de la respectabilité que les autres n'ont pas su préserver.

Il faut se rendre à l'évidence, nos institutions ont vécu car elles ne génèrent plus aujourd'hui que le mensonge, la trahison et une terrible impuissance. Elles ont perdu leur légitimité. A quoi sert d'élire un Président de la république au suffrage universel si une fois élu il se sent autorisé à ne plus tenir aucun compte de ce suffrage. Peut-on accepter plus longtemps qu'un président ne tire aucune conséquence d'un désaveu aussi cinglant ? perdre des élections locales est une chose, mais perdre une consultation nationale à laquelle rien ne l'obligeait ? après avoir déja été désavoué à la suite d'une dissolution puis été réélu par défaut ? Un président qui s'abrite en permanence de ses échecs derrière un Premier ministre qui n'est pourtant que sont fidèle exécutant; un président qui n'a pour ambition que de durer, ce n'est plus tolérable. Il faut mettre un terme aux dérives de nos institutions qui ne sont plus en phase avec le tempo démocratique.

Je suis d'avis que le rejet de la Constitution européenne doit nous faire nous interroger sur notre propre constitution. Modification ou VI ème république, il faut en tous cas sans tarder décider de mettre fin à l'anomalie française de monarchie républicaine, décider que le Président de la République ne sera plus élu au suffrage universel et qu'il assurera simplement la continuité de l'Etat comme dans toute République digne de ce nom. A l'opposé du modèle actuel, le Premier ministre gouvernera (avec un mode de scrutin efficace dégageant des majorité claires) et ASSUMERA enfin devant les électeurs la politique qu'il aura conduite. Responsable aussi devant son parti, la rotation politique et le renouvellement des responsables politiques devrait rejoindre la norme des démocraties occidentales car la France détient des records inquiétants en termes de longévité politique.

Les critiques adressées à l' "establishment", aux "tous-pourris", aux "bonnet blanc et blanc bonnet", à la "classe politique", ne doivent plus pouvoir proliférer et la noblesse doit être rendue à la parole et à l'engagement politiques, par des règles politiques plus saines et plus strictes au besoin. Discrédités, les hommes de pouvoir ne sont plus audibles face aux nouveaux aventuriers de la politique , devenus les héros/héraults des citoyens fatigués et aveuglés par leur desarroi.

Les chantiers pour le renforcement de la démocratie francaise ne manquent pourtant pas : publications obligatoire du patrimoine et des revenus des élus et de leur conjoint en début et en fin de mandat, interdiction pour un élu d'employer et de rémunérer dans la collectivité dont il est responsable un membre de sa famille, interdiction de tout cumul de mandat électoral sauf en qualité de maire de petite commune si l'on veut une "expérience de terrain", pas de récupération automatique de mandat après une démission ou la perte d'un portefeuille ministériel, interdiciton de se présenter dans une élection pour succéder immédiatement dans un même mandat à un membre de sa famille , suppression de l'ENA ou fin de son monopole pour le recrutement direct dans les grands corps pour lutter contre la pensée unique, allègement de la bureaucratie française (beaucoup trop de communes, choix définitif entre département et région, suppression d'une deuxième chambre sinécure ...), etc etc ...

Ce soir les français n'ont pas cru leurs "élites", ni la droite au pouvoir ni davantage l'opposition socialiste à capacité gouvernementale. Ils ont écouté de bien inquiétantes sirènes qui rappellent davantage la musique du repli identitaire et nationaliste, de la défiance vis à vis des organes et organismes représentatifs, du chacun pour soi et de l'enfer c'est les autres (entendez l'Europe), que l'engagement fraternel et solidaire en faveur d'un monde meilleur pour tous. Sincères, ils l'étaient surement. Ils ne tarderont pas à comprendre qu'ils ont été floués et qu'iis se sont eux-mêmes perdus dans cette victoire du reNONcement. Leur colère risque alors de déraper et d'emprunter des voies redoutables.

Il faut qu'émerge du chaos référendaire un projet pour refonder la République et redonner confiance aux français dans la démocratie représentative. CHIRAC n'en est manifestement pas capable; SARKOSY n'a rien d'autre à proposer qu'un coktail détonnant alliant un crédo plus libéral que jamais au plan économique et une ritournelle classiquement conservarice au plan politique.

Ce soir le ressort d'un espoir sans précédent dans l'histoire a été cassé, la dynamique d'un projet multinational, multiculturel, pacifique et démocratique d'une ampleur inégalée a été étouffée. Malgrè ce deuil, attelons nous à rendre impossibles de nouveaux sabordages en restituant sa respectabilité à la République et à la politique.

Ecrit par : Michel S. Paris 12è | lundi, 30 mai 2005"

dimanche, 29 mai 2005

IMPLOSION DE L'EUROPE ET AVENIR DRAMATIQUE



LES FRANCAIS VIENNENT DE PLOMBER LEUR PROPRE AVENIR...

BELLE VICTOIRE DE LA DEMAGOGIE ET DU POPULISME

IL NE MANQUE PLUS QUE LA VICTOIRE DE SARKOZY EN 2007 ET CE SERA LA TOTALE.

JE ME FICHE DE RESPECTER OU NON LE CHOIX DES CITOYENS,

CETTE VICTOIRE EST LE RETOUR AU NATIONAL (CHIRAC L'A DIT),

DU CHAUVINISME, DU PROTECTIONISME FRANCHOUILLARD,

LES JEUNES AVAIENT POUR SEUL ESPOIR L'EUROPE, AUJOURD'HUI ILS N'ONT PLUS RIEN.

CE SOIR JE NE REMERCIE PAS MON PAYS, PARCE QUE MON PAYS CE N'EST PAS LA FRANCE,

C'EST L'EUROPE.


CE SOIR JE DEMANDE A TOUS LES PARTISANS DU NON DE PROPOSER UNE NOUVELLE EUROPE

ET DE SAVOIR LA FAIRE ACCEPTER AUX 24 AUTRES ETATS MEMBRES,

24 ETATS QUI ONT ETE BIEN VITE OUBLIES.

J'AI HONTE DE MON PAYS,

J'AI PEUR DE MON AVENIR,

J'AI PEUR POUR LE PEUPLE FRANCAIS ET POUR LE PEUPLE EUROPEEN QUI VIENNENT D'IMPLOSER.

JE SUIS ABSOLUMENT DEPRIME


Pourquoi je vote "oui"


Introduction :


L'Europe nous a apporté que du bien depuis 50 ans, et l'on sait pertinemment que nous avons obligatoirement besoin de celle-ci pour réguler la mondialisation et les échanges désordonnés (et donc pour préserver l'emploi et la qualité de vie).

Si la France va mal aujourd'hui, cela n'est pas la faute de l'Union Européenne (qui au contraire lui est favorable) mais bien de nos gouvernants qui ne savent pas gérer l'Etat, du moins pas pour l'intérêt de l'ensemble de la population.

L'Europe est le parfait bouc émissaire pour les politiques qui ne savent pas (et ne veulent pas) gérer pour l'intérêt de tous.

Mais là, nous avons tous besoin de cette Constitution (ceux de gauche comme ce de droite) car nous savons que sans une Union forte et efficace, la situation de la France comme des autres Etats membres ne pourra que se déteriorée : économiquement, politiquement.

Et à gauche, nous savons que sans Europe, nous allons inévitablement vers le moins-disant social.

Il faut absolument plus d'Europe !
L'Europe est pour nous, jeunes générations, notre seule espérance 'ou presque) pour un monde plus équitable.

Alors ne la lachons pas.

Enfin, arrêtons de penser "français" et de croire que l'Europe est libéral avec une vision française qui oublie que l'Europe est un mélange subtil et censé d'une multitudes de pensées sociales, économiques, culturelles, etc.

Votons, mais votons en tant que citoyens EUROPEENS !

Merci à tous pour votre participation à un débat démocratique et honnête, notamment via ce blog.


Nicolas Cadène







Pourquoi je vote « oui »


Il n’est pas aisé de synthétiser une argumentation en faveur d’un texte assez long et prêtant à mille interprétations (souvent complétement délirante).

Tout d’abord, il faut avouer que le texte en question, « une Constitution pour l’Europe » ne répond pas à toutes mes espérances, pour des raisons parfois bien différentes de celles avancées par la plupart des tenants du « non ».

Je la considère comme trop consensuelle en ce sens où elle ne permet pas la création d’une Europe véritablement puissante et politique :
Les prises de décisions restent délicates, les coopérations renforcées sont strictement encadrées, la défense européenne également, les références aux services publics ne sont pas assez consacrées (mais nous sommes 25 membres parfois bien différents...), les mesures sociales ne sont pas toujours conséquentes, les dispositions de la Charte sont parfois amoindries, le pouvoir parlementaire n’est pas encore assez fort, le fédéralisme n’est pas assez engagé.


En revanche :

1. Le traité permet la construction effective d’une véritable union politique (à terme) et non simplement économique ;

2. Le traité permet de réaffirmer le poids des pays fondateurs, notamment de l’Allemagne et de la France ; pays assez proches du concept d’ « Europe puissance » et d’une Europe politique et sociale ;

3. Le traité permet des avancées sociales incontestables. Des avancées qui pourront provenir d’une jurisprudence communautaire future ou de propositions parlementaires ou citoyennes ;

4. Le traité introduit, un système institutionnel plus démocratique, et une véritable politisation de l’exécutif et du législatif européen ;

5. Le traité permet un fonctionnement plus efficace des institutions et organismes communautaires ;

6. Le traité maintient le principe des coopérations renforcées et l’étend au domaine de la défense ;

7. Le traité crée le meilleur catalogue de protection des droits fondamentaux au monde, tout au moins, il le confirme et le rend contraignant ;

8. Le traité officialise et améliore une gouvernance de la zone Euro, indépendante dans ses choix des autre Etats membres n’ayant pas adopté la monnaie unique, et contrariant certaines prérogatives exorbitantes de la BCE ;

9. Le traité confirme le principe de subsidiarité, introduit un contrôle des parlements nationaux, et laisse chaque Etat maître de sa politique sociale, macroéconomique, éducative, de santé, et culturel ;

10. Le traité permet enfin d’instaurer une Europe cohérente et efficace face aux Etats-Unis, aux pays émergents et aux défis mondiaux. Elle pourra désormais se poser en véritable alternative si le peuple européen en décide ainsi.



n. cadène


samedi, 28 mai 2005

Réponse à Marie-George Buffet

Je tiens à mettre en ligne 2 courriers reçus ce matin et envoyés par M. Pascal Hus qui participe activement au débat sur le référendum via Internet.

Voici donc ci-dessous la copie de la réponse de Marie-Georges Buffet à un premier message de M. Hus ainsi que
la dernière réponse de celui-ci à la secrétaire nationale du Parti communiste français.




Réponse de Marie-Georges Buffet (PC) à un premier courriel de M. Hus :


"Monsieur,

J'ai bien reçu votre courriel et vous en remercie. Il m'est difficile de répondre en détail au travail que vous avez produit mais c'est bien volontiers que je peux vous donner dans les quelques lignes qui suivent, les raisons essentielles pour lesquelles j'appelle à voter NON au traité constitutionnel avec bien d'autres responsables ou organisations politiques et sociales en France. Je souhaite souligner en premier lieu que le NON que je formule n'est pas un non à l'Europe mais un non à la façon dont on la construit aujourd'hui, et seulement à cet aspect des choses. Je suis tout à fait favorable à une construction européenne, et je pense que l'Europe est devenue une dimension indispensable à notre avenir dans le monde d'aujourd'hui. Pour moi, l'Europe doit être un projet politique, un projet d'union porteur de progrès social, de solidarités des peuples, d'avancées démocratiques. Je souhaite aussi que l'Union européenne acquière la capacité à être un acteur politique mondial positif face aux enjeux du monde actuel: le développement, la sécurité, la paix, le règlement des conflits, l'environnement, la coopération culturelle. C'est précisément parce que je nourris cette ambition forte pour l'Europe que j'ai choisi d'appeler au vote NON. Des raisons précises me conduisent à ce choix. Le projet de traité constitutionnel, élaboré par une Convention présidée par M. Giscard d'Estaing, présente dans le domaine économique et social des régressions et des dangers manifestes tellement la logique d'ensemble est marquée du sceau du néo-libéralisme, de la pression à la baisse sur les dépenses sociales et publiques, de l'omniprésence de la loi du marché, de la libéralisation qui met en danger les services publics malgré les assurances que l'on nous prodigue oralement.
Il ne me semble pas possible, en effet, d'approuver un texte qui, s'il était adopté, constitutionnaliserait, légitimerait avec solennité l'abandon du projet d'harmonisation des droits et des systèmes sociaux par le haut dans l'esprit d'une dérive de régression sociale déjà à l'ouvre depuis un certain nombre d'années. Je pense que la conception devenue dominante et qui caractérise le projet de Constitution, celle des "normes sociales minimales" est porteuse de reculs graves. Une lecture attentive du texte permet aussi de voir, au-delà des formules séduisantes, les risques concrets de cette régression et la carence d'engagements clairs et précis, ce qui n'est pas le fruit du hasard ou simplement du langage juridique. La Charte des droits fondamentaux, qui ne garantit même pas le droit à l'emploi, n'est pas à la hauteur des enjeux sociaux de notre époque. Elle est même en recul, en bien des aspects, sur la Déclaration universelle des Droits de l'homme de 1948, et notamment quant aux questions sociales. Je souhaite aussi souligner notre conviction qu'il est temps d'en finir avec les divisions sur le continent européen. C'est possible aujourd'hui: le temps des guerres européennes est heureusement terminé
depuis longtemps. L'élargissement aux pays d'Europe centrale et orientale et aux pays baltes permet une telle perspective. Mais la mise en concurrence des salariés de l'Ouest et de l'Est du continent, l'encouragement néfaste au "dumping social" font naître des tensions sociales, des contradictions nouvelles et n'apportent pas les conditions d'un développement et d'un progrès commun. L'avenir de l'Europe mérite mieux que l'esprit de la directive Bolkestein dont les principes de base (droit d'installation, libéralisation des services, refus de la
convergence des droits sociaux par le haut. associés à l'absence d'harmonisation de la fiscalité) figurent dans le texte même de la Constitution. Enfin, le lien institutionnalisé entre l'Union européenne et l'OTAN, dans le projet de traité constitutionnel, s'il peut recueillir l'approbation de certains pays, notamment à l'Est, ne fera pas l'unanimité des Européens et ne contribuera pas à la définition d'une véritable autonomie politique porteuse d'un rôle original et constructif de l'Europe dans le monde. Je m'oppose à la perspective d'une "Europe puissance" qui serait à la fois la rivale et la partenaire des Etats-Unis dans une Europe sous hégémonie américaine et atlantique. La malheureuse et dramatique expérience de la guerre en ex-Yougoslavie, mais aussi celle de la guerre en Irak, doivent pousser les Européens à rechercher leur pleine indépendance dans un projet politique original. C'est pour toutes ces raisons, trop rapidement explicitées dans le cadre de cette réponse, et pour d'autres encore, que j'appelle à voter NON. Mais il s'agit d'un non constructif visant à réorienter la construction européenne, en refonder les bases. Un grand débat public national et européen est nécessaire pour cela. Je me réjouis que ce débat puisse avoir lieu dans notre pays, en dépit des inégalités de traitement médiatiques qui nuisent à la compréhension des enjeux et des argumentations, en particulier de l'argumentation qui accompagne le NON de gauche favorable à une grande ambition européenne. Je souhaite préciser, en effet, que si le non l'emporte, ce qui est fort possible, il n'y aura ni crise institutionnelle ni arrêt de la construction européenne. Un NON français créerait une nouvelle situation politique et une dynamique en Europe pour une renégociation, pour une remise à plat de toutes les grandes questions. Les autres Etats membres seraient obligés de prendre en compte les raisons du choix français. Il est d'ailleurs possible que se dessinent des majorités pour le NON dans d'autres pays que la France.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Marie-George Buffet"




Réponse de M. Hus à Marie-Georges Buffet :


"Madame,


En réponse à vos arguments, tout d'abord une question :
Toutes les critiques que vous adressez à l'encontre de ce Traité, pourquoi ne les avez-vous pas formulées durant l'ELABORATION du Traité ?
Que faisiez-vous durant ces 4 dernières années ?
N'étiez-vous pas au courant qu'un Traité était en discussion ?
Je fais partie des 700 000 personnes à avoir consulté en ligne les travaux de la Convention.
Pourquoi n'avoir pas alerté l'opinion publique à ce moment-là ?
Ou bien à l'occasion de la conférence inter-gouvernementale qui a modifié le projet de la Convention ?
Pourquoi n'avoir pas proposé avec toutes les forces progressistes d'Europe (ou ne serait-ce qu'avec seulement les partis communistes européens) un AUTRE Traité ?
Des propositions concrètes ?
En les faisant ratifier par l'ensemble de vos militants européens, quelle force et quelle crédibilité vous auriez donné à vos propositions.
En critiquant, et en semblant découvrir, le Traité Constitutionnel 2 mois seulement avant sa ratification, et alors que 10 pays déjà l'ont ratifié, permettez-moi de vous dire que votre attitude est irresponsable !
Politiquement irresponsable !

Ensuite, vous affirmez que le Traité Constitutionnel "présent dans le domaine économique et social des régressions".
Comment pouvez-vous dire cela sans rougir ?
Alors que la Confédération Européenne des Syndicats, à une très large majorité, appelle à voter OUI.
Alors qu'une partie du NON européen est porté par des libéraux, notamment britanniques et tchèques.
Alors que jamais, JAMAIS, dans un texte européen n'avait été reconnu avec force juridique le droit de grève, le droit à la protection en cas de licenciement injustifié, le droit syndical ...
Que ce Traité n'aille pas assez loin en matière sociale, bien des citoyens le pensent.
Mais dire, ou laisser penser, qu'il est pire que le Traité de Nice, c'est un mensonge éhonté !

Enfin, vous misez sur une "dynamique en Europe pour une renégociation" si le NON passe.
Qu'en savez-vous ?
Auriez-vous des dons divinatoires ?
Là encore, laisser croire aux gens qui vous écoutent et vous font confiance que le NON sera forcément porteur d'une renégociation elle-même porteuse d'améliorations est un MENSONGE. Un MENSONGE !
Vous ne savez pas et vous ne pouvez pas savoir ce qui se passera le lendemain du NON.
Et si, d'aventure, le NON passait, suivi d'une renégociation, imaginez un instant que la renégociation aboutisse à un Traité pire que celui qui nous est actuellement proposé.
Imaginez que ce nouveau projet n'inclut pas la Charte des Droits Fondamentaux (rejetée par le Royaume-Uni en 2000 et qui pourrait très bien revenir sur cette concession qu'ils ont faite pour ce Traité), les responsables de ce recul MONUMENTAL seraient ceux qui appellent aujourd'hui à voter NON. Vous !
Ils porteront l'ENTIERE responsabilité de ne plus voir la Charte incluse dans le nouveau projet, et ils ne devront en AUCUN cas accuser les Britanniques d'être revenus sur ce qu'ils ont mis longtemps à accepter.
Les politiques appelant au NON devront ASSUMER leurs responsabilités, ce recul, et reconnaître qu'ils ont fait ECHOUER ce rêve de rendre cette Charte des Droits Fondamentaux constitutionnelle.
Et là, vous aurez des comptes à rendre à tous les Français pour les avoir privés de cette Charte des Droits Fondamentaux constitutionnalisée.
Vous porterez alors une très lourde responsabilité.


Cordialement,


Pascal HUS."

http://hus.pascal.neuf.fr


PS de l'auteur du blog :
Je souhaite simplement rappeler à Madame Marie-George Buffet que son parti, le PC, est lui-même en réalité divisé sur le référendum de dimanche 29 mai.
En effet, les sections communistes des DOM-TOM appellent à voter "oui" !

Le Social et l'Union européenne

Certains considèrent que le social au niveau de l'Union européenne s'illustre par une obligation de moyens et en aucun cas de résultats

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette analyse;
Même si je la considère comme pouvant se justifier.

Mais je la considère tout de même inexacte notamment parce qu'en matière sociale, l'Union européenne n'est qu'un appui aux politiques sociales nationales.

En effet, ces politiques restent du ressort national et n'est pas une compétence exclusive de l'Union.
C'est juste une compétence d'appui.
C'est pourquoi la politique sociale de l'UE ne peut être générale et complète.

Ensuite, il faut remarquer que l'Union essaie de promouvoir un autre modèle social que ce des Etats membres, et qui est fondé sur "l'économie sociale de marché" (ce dont tu parles).

Le Fonds social européen (FSE) a ainsi pour vocation de réduire les inégalités territoriales afin de favoriser une concurrence libre et loyale (mais justement dans le bon sens du terme, comme pour éviter le dumping social et la concurrence entre les individus).

Les aides à ces territoires périphériques ont, au moment de l'élargissement, un effet tremplin indéniable qui accentue leur avantage comparatif, mais le retour sur investissement est tout aussi absolument indiscutable.

Il suffit pour s'en rendre compte de prendre l'exemple de l'Irlande, de l'Espagne et du Portugal (mais en revanche on doit regretter fortement le nouveau fait que certains Etats comme la France et l'Allemagne ne souhaitent pas contribuer à un budget européen supérieur à 1%, ce qui n'est rien ! Il est actuellement de 1,27 % et c'est le minimum. Mais cela n'a rien à voir avec la Constitution).

Ensuite, il est indéniable que l'Union européenne ne néglige aucunement les populations les plus défavorisées.

Elle agit directement sur une base territoriale, mais elle agit aussi indirectement en favorisant une coordination volontaire des politiques des Etats par l'adoption de méthodes ouvertes de coordination dans des domaines aussi fondamentaux que la lutte contre l'exclusion sociale (stratégie de Lisbonne, mars 2000) ou l'accroissement du taux d'activité des seniors (Conseil européen de Stockholm, mars 2001).

L'économie du système communautaire est cohérente avec les objectifs de l'Union et le principe de subsidiarité (l'UE n'intervient que lorsque son action est nécessaire et plus efficace que celle de l'Etat ou de la collectivité).

Il est vrai cependant qu'elle nécessiterait un tempérament car il peut paraître nécessaire d'imposer des normes transnationales absolues en matière d'hygiène, de sécurité et de santé au travail afin d'éviter que la protection du travailleur sur son lieu de travail soit une variable d'ajustement dans une stratégie de « compétitivité prix ».

Mais cela ne peut guère être défini trop rigidement dans une Constitution alors même que ces normes doivent évoluées.

Cette mission doit donc s'accomplir à travers les politiques de la Commissions et des Présidences européennes.

D'ailleurs cela commence à se faire concrètement, depuis la présidence néerlandaise (« Stratégies d'intervention efficaces en matière de sécurité et de santé au travail »).

Le modèle social européen ne s'inspire pas d'un modèle national existant.
Il se crée sui generis.

Refuser le "Traité instituant une Constitution pour l'Europe" pourrait signifier que l'on considère le modèle social britannique comme le seul capable de répondre aux exigences de la mondialisation.
Ce serait là un triste défaitisme.

Dimanche, votons "oui", pour nous garantir un avenir plus prometteur.

Manipulation avouée d'attac

Voici un article qui confirme bien que la crédibilité d'attac est à remettre sérieusement en question. D'ailleurs un édito d'aujourd'hui de Bernad Cassen (cofondateur) le prouve encore tellement ses propos sont mensongers.
(Pour ma part attac a menti éhontément depuis le début de cette campagne et c'est pourquoi je m'en suis très fortement éloigné - j'en suis vite parti - ; cf. notamment ma catégorie "manipulation pour le non")


Référendum 29 mai
Petit oui anti-Nikonoff à Attac

Par Christophe FORCARI

vendredi 27 mai 2005 (Liberation - 06:00)


Un petit oui essaye de se faire entendre au sein de l'Association pour la taxation des transactions financières (Attac). Signataire avec quelques autres adhérents d'un «appel des altermondialistes pour le oui à la Constitution», Alain Lipietz, eurodéputé vert, juge qu'une ligne de fracture très nette partage désormais Attac : «Il y a les militants pour une autre globalisation et les adversaires de toute globalisation. Plusieurs adhérents favorables au oui ont déjà quitté Attac. Nous sommes aujourd'hui ultraminoritaires.» Ces militants critiques ont trouvé un peu de renfort, après la publication dans le Monde du 24 mai d'un texte très controversé du président d'Attac, Jacques Nikonoff, dénonçant la mise «sous perfusion permanente des fonds européens» des pays du Sud, Espagne, Grèce et Portugal. Pour Dominique Plihon, président du conseil scientifique d'Attac, «ces propos inexacts, insultants et caricaturaux (...) nuisent à l'image d'Attac». Même critique de la part de Susan George, cofondatrice d'Attac : «Je regrette que notre président ait estimé devoir faire connaître sa pensée personnelle urbi et orbi.»

mercredi, 25 mai 2005

Analyse d'Emmanuel Todd

Décidément, il y a de bons articles dans les journaux aujourd'hui :
Voici une intéressante analyse d'Emmanuel Todd, démographe, opposant à Maastricht en 1992, et qui votera oui dimanche.
Paru dans le journal Libération d'aujourd'hui :


«Le non de gauche, une danse de la pluie»

mercredi 25 mai 2005 (Liberation - 06:00)

Emmanuel Todd est démographe à l'Institut national des études démographiques. En 1995, ses analyses sur la fracture sociale avaient nourri le programme du candidat Jacques Chirac.


Vous aviez voté non à Maastricht. Pourquoi votez-vous oui aujourd'hui ?


En 1998, dans l'Illusion économique (Le Seuil, ndlr), je disais déjà que, face à la montée des inégalités, la seule solution est le retour à ce qu'était l'Europe à ses débuts : une union douanière, avec des droits de douane au cas par cas contre les importations provenant des pays tiers. La montée en puissance de la Chine rend cette évolution inéluctable et je vais voter oui parce que, par définition, la «préférence communautaire» n'est possible que s'il existe une communauté européenne. Certes, le projet de Constitution est rempli de jargon libre-échangiste, mais les notions de commerce international harmonieux, de concurrence non faussée et, surtout, la distinction qui y est faite entre le marché intérieur et le marché extérieur ­ distinction déjà au coeur du traité de Rome ­ offrent les outils adéquats d'un protectionniste raisonnable.

Le non de gauche dénonce aussi le libre-échangisme...

Oui et, au début, j'ai trouvé très positif qu'Attac découvre que le problème n'est pas simplement la circulation du capital, mais aussi celle des marchandises. Et puis, j'ai commencé à entendre des bruits bizarres sur les pays de l'Est et j'ai entrepris de regarder les 21 propositions d'Attac. J'ai trouvé des choses soit contradictoires, soit dénuées de sens : prôner la solidarité, c'est gentil, mais ce n'est pas un concept d'analyse économique. Exiger que l'on remplace la notion de «concurrence» par la «coopération», c'est en gros revenir à la Constitution yougoslave, avec un système de coopératives. Plus grave, Attac ne semble pas voir la différence entre marché intérieur et marché extérieur de l'Union, qui est pourtant le concept fondamental pour réorganiser le commerce international.

N'est-ce pas l'économie de marché qui est contestée à la question de la concurrence ?

L'expérience du socialisme au XXe siècle nous a appris que l'économie de marché et la concurrence sont des mécanismes nécessaires, qui ne deviennent invivables que lorsqu'on se prive des instruments étatiques de régulation. J'ai été l'un des premiers à faire la critique du néolibéralisme et à mettre en évidence la souffrance des milieux populaires. Mais je n'ai jamais dénoncé l'économie de marché. Tout se passe comme si le néolibéralisme avait engendré une sorte de néo-étatisme absurde, dont l'aboutissement est la fixation actuelle sur les services publics. C'est une régression intellectuelle : car les services publics sont financés par l'impôt et pour qu'il y ait un impôt efficace et qui rapporte, il faut un secteur privé prospère.

Laurent Fabius apparaît plus mesuré dans ses attaques contre la Constitution.

L'interview de Fabius dans l'Humanité procure l'étrange sensation d'avoir en face de soi un être hybride, mi-Jean-Claude Trichet, mi-Robert Hue. N'oublions pas que Fabius est un maastrichien et qu'il a assuré la mise en place de l'euro. Cela dit, à la différence d'Attac, il a le mérite... de ne rien proposer : à part une modification des coopérations renforcées, il suggère de garder le traité en excluant la partie III, qui, on le sait, continuera à s'appliquer de toute façon.

Son inquiétude sur les délocalisations vers les pays de l'Est ne rejoint-elle votre analyse sur le libre-échange ?

Non, bien au contraire. En stigmatisant l'ex-bloc soviétique, Fabius et Attac commettent une faute morale : le problème de ces pays est précisément d'avoir été privés d'une économie de marché pendant cinquante ans. Surtout, ils font une erreur stratégique, car aujourd'hui, l'enjeu du libre-échange, ce n'est pas le plombier polonais, c'est l'émergence de la Chine et de l'Inde. Fabius n'a pas de chance : au moment où il s'en prend à l'Europe de l'Est, éclate l'affaire des importations textiles, qui illustre la force de l'industrie chinoise. Dans ce dossier, les pays de l'Est sont les premiers menacés et ils sont donc les meilleurs alliés de la France. On peut même espérer dégager une majorité «protectionniste» au sein de l'Europe si l'on parvient à rallier l'Allemagne. Mais celle-ci, compte tenu de sa puissance exportatrice, n'acceptera de renoncer à son libre-échangisme traditionnel que si le marché européen s'élargit aux pays de l'Est. Se focaliser sur la concurrence polonaise est contre-productif et la chimère chevènementiste du retour au bon vieux couple franco-allemand est un non-sens économique.

La montée du non traduit-il la persistance de cette fracture sociale que vous dénonciez il y a dix ans ?

L'ultralibéralisme nourrit une anxiété sociale profonde, qui, aux Etats-Unis, s'est traduite par l'avènement du bushisme. En France, cette anxiété est encore capable de produire une véritable contestation politique. La force du non signifie que les ouvriers et les employés français ne veulent pas mourir en disant merci. C'est un signe de vitalité. Mais le peuple en révolte mérite mieux. Après avoir dénoncé les élites maastrichiennes, je vois apparaître avec effarement une élite du non dont le programme ne mène pas plus loin. Avoir un programme politique, ce n'est pas rester dans le bla-bla national-républicain : c'est s'inscrire dans l'univers réel des nations européennes, mesurer les intérêts communs ou divergents et proposer des solutions. Au lieu de quoi, le non de gauche prône un non thérapeutique, presque magique, comme une danse de la pluie. Et n'a accouché que d'une chose nouvelle : les Polonais comme boucs émissaires.

Si l'Europe est la solution, pourquoi aviez-vous voté non à Maastricht ?

A l'époque, à côté de la monnaie unique, il y avait la politique du franc fort et les taux d'intérêt à 10 %, qui mettaient le monde ouvrier en souffrance. Une victoire du non à Maastricht aurait eu un impact immédiat : le décrochage du franc et la fin de cette politique. Le non était donc en soi un programme politique. Aujourd'hui, un non au traité constitutionnel, celui-ci n'étant au fond qu'un toilettage de l'organisation politique de l'Europe, n'aurait aucun effet concret pour les classes populaires. Si ce n'est qu'entretemps, les discours d'Attac et Fabius auront contribué à désorganiser la lutte contre le libre-échange.

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