mercredi, 25 mai 2005

Un "Oui" pour le changement positif

Précisions : ce texte répond seulement à ceux qui soutiennent la thèse suivante : Un « non » pour la (bonne) rupture, un « oui » pour la (mauvaise) continuité.


Un « oui » de continuité face à un « non » de rupture ?


Dans cette campagne référendaire, certains avancent l’idée qu’il est évidemment plus attirant de voter « non » que « oui ». Et surtout que cela aurait plus d’effets efficaces…


Voter « non » signifierait en effet, que l’on souhaite un (bon) changement radical à tout point de vue.
Voter « oui » ne serait finalement qu’un souhait de (mauvaise) continuité.

Mais en réalité, ne nous y trompons pas.

Un « oui » de continuité ?

Pourquoi cela est-il mauvais ?
N’est-il pas positif de continuer la construction de l’Europe alors que nous en avons de plus en plus besoin pour faire face aux pays émergents, pour réguler l’économie et la mondialisation, pour sauvegarder la démocratie, pour finaliser une union des peuples ?

Et c'est le "oui" qui permettra le (bon) changement!

Si les peuples veulent du changement, dans le cadre de la Constitution, cela sera justement plus aisé puisque celle-ci politise l'Union.
La couleur politique au Parlement européen (et donc celle de la Commission) choisie par les peuples d'Europe pourra réellement changer l'UE.

Un « non » changerait quoi ?


Peut-être un Premier ministre qui serait remplacé par un autre mais toujours au sein de la majorité et qui suivrait la même politique libérale.
Et puis ?
Et puis c’est tout.
Car comment pouvons nous penser que cela obligerait le Président de la République à gouverner à gauche ?
Il a déjà affirmé qu’il resterait en place.
Faut-il rappeler que malgré son élection grâce à la gauche en 2002, sa politique fut tout à fait libérale ?
Qu’après avoir subi une défaite mémorable aux régionales puis aux européennes, rien ne fut changé ?

Et là, d’un coup, on pense que si un « non » passe, tout va changer ?
Alors même que cette victoire sera autant due à l’extrême gauche (LO, LCR) et une partie de la gauche (PC, certains PS) qu’à l’extrême droite (FN, MPF, RPF) et une partie de la droite (certains UMP) ?

Et puis surtout, que signifie ce débat franco-français ?

Oublions-nous que le texte soumis à référendum concerne l’Union européenne et non la France ?
Oublions-nous que l’Europe n’a pas à être le bouc émissaire d’un gouvernement incapable ?
Oublions-nous qu’un « non » stopperait forcément un temps la construction européenne (ne serait-ce que le temps d’une soi-disant « renégociation » des plus incertaines et des moins favorables à la France ?) à une époque où on en a le plus besoin ?
Oublions-nous que la France n’a pas à dicter ses volontés personnelles à l’ensemble du continent, et ce pour changer un simple cadre pourtant accepté par une Convention (comprenant des parlementaires nationaux, européens, commissaires, gouvernants) ?


C'est le "non" qui est la (mauvaise) continuité !
Continuité dans l'absence de démocratie participative au niveau communautaire, dans l'absence de politisation de l'Union, et donc dans le maintien d'une mauvaise situation.

L’on peut bien entendu dire « non » :
Lorsque l’on est souverainiste … ou lorsque l’on est protectionniste… ou lorsque l’on est anticapitalistes (c'est-à-dire LO ou LCR) :
Et ainsi dire « non à l’Europe », « non à plus d’intégration », « non à un cette constitution qui donne trop de pouvoirs à l’UE », « non à un marché commun ».

Mais comment dire « non » lorsque l’on se dit profondément européen ?
Qu’est-ce que cela change que l’on soit de droite ou de gauche tant que l’on est européen ?

Comment, lorsque l’on veut une Europe sociale (comme moi), pouvons-nous dire « non » ?
Alors même que ce texte n’apporte que des avancées et que la Constitution n’a pas pour ambition de définir des politiques mais simplement un cadre ?
Quel est l'intérêt de l'extrême gauche de toujours dire "non" à tout ?
Cela barre la route à la gauche et empêche donc toute politique de changement.
Pourquoi l'extrême gauche ne fait pas valoir ses idées de manière constructive et efficace ?
Pourquoi se battre contre une gauche plus modérée mais jamais contre son véritable adversaire, la droite ?

Et puis, cette Constitution à été élaboré par tous les bords, mais par des « européens », c’est tout…


n. cadène

Commentaires

J'ai longtemps hésité mais pour moi maintenant c'est non suite à un message publicitaire de Michel Leclerc paru dans le Figaro du 20 mai 2005 , qui a annonçé très clairement la couleur :"Plus vite, plus nombreux, plus fort pour mieux vivre et demain avec la RUSSIE dans une Europe de 700 millions d'habitants(...). Il faut casser les prix pour accroître votre pouvoir d'achat : + 5 % sur tous les prix dans de grandes surfaces, c'est la conséquence de la loi française Galland. - 20 à - 30 % sur les voitures "AUTOMOBIL-ECLERC", c'est l'Europe = +1,5 % de pouvoir d'achat pour tous ls français. - 15 % sur les carburants, C'est l'Europe. La paix, c'est l'Europe. La France a un besoin vital de l'Europe, mais l'Europe pourrait se passer de la France. La libre concurrence, oui celle, qui profite aux consommateurs et aux familles. Nos lois françaises corporatistes bloquent trop souvent la dynamique de l'Europe. Il faut casser tous les monopoles économiques et les "lois privilèges" des lobbies. C'est l'Europe oui permet d'accroître votre pouvoir d'achat. C'est plus de consommation et donc plus de production = plus de travail pour TOUS. Ce sont des réalités concrètes. Augmenter les salaires, c'est nécessaire. Faire baisser les prix de 5 à 30% , c'est plus efficace et plus durable.(...) Dire NON à la constitution, c'est payer demain notre pain 15% plus cher.(...) C'est un message de Michel LECLERC, "AUTOMOBIL-ECLERC", "ROC-ECLERC". C'est OUI à la Constitution Européenne, à petits pas... Un pas de géant pour l'humanité

Écrit par : Fabrice Trochet | mardi, 24 mai 2005

j'aimerais comprendre pourquoi le OUI de Leclerc doit être plus terrifiant que le NON de Le Pen ?
dans un cas comme dans l'autre résumer tout un débat à un soutient ou un autre est une parodie de démocratie.
j'aimerai mieux comprendre quels autres éléments t'ont conduit à ce changement. Je ne peux pas croire qu'une seule misérable pub t'es retourné ? il s'agit tout de même d'une des questions les plus importante qui nous ait été posé depuis des années.
je refuse de penser que tu vas voter NON parce que Leclerc Vote OUI

Écrit par : machinchose | mardi, 24 mai 2005

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