dimanche, 22 mai 2005
Vision de quotidiens européens
Vu sur Courrier International
ATTENTION, PRECISIONS IMPORTANTES:
. Je ne m'associe pas toujours totalement à ces articles, mais il sont néanmoins intéressants.
. Je suis en désaccord avec la plupart des analyses économiques qui y sont faites.
. Je ne souhaite pas que certains partisans du "non" reprennent ces textes pour dire "oh la la, vous voyez ces étrangers veulent mettrent à bas notre système de répartition, etc.".
Car en fait, la "rigueur" de ces articles doit nous inviter en France à arrêter de vouloir résister entre nous, avec des échanges caricaturaux, face à tous.
Nous devons dialoguer et convaincre nos concitoyens européens sur certains points qui nous sont chers mais pas sur tous que nous devons aussi être capables de remettre en cause (pas de la manière de la droite actuelle !).
Il est temps pour la France de dialoguer ouvertement, sans complexe, sans a priori et sans prétention surtout, avec ses partenaires européens.
. Enfin, ces articles démontrent une fois de plus la difficulté que la France aurait a "renégocier" un texte (en supposant qu'il y aurait une renégociation possible ce que je ne crois pas) qui lui est déjà très favorable et qui n'impose aucune politique libérale pré-déterminée.
Article allemand :
- "Le traité renforce le poids du couple franco-allemand"
"Toute la politique européenne est fondée sur le couple franco-allemand et le gouvernement allemand s'inquiète pour le devenir de l'Europe, à une étape essentielle de sa construction. L'idée d'un non français qui ferait redémarrer l'Europe sur une base plus sociale est éloignée de la réalité allemande. D'abord, l'Allemagne a fait preuve d'une audace réformatrice pour sa sécurité sociale, inimaginable en France, même pour les libéraux. Ensuite, elle ne veut pas revenir au traité de Nice, considéré dès le départ comme un gâchis incroyable, malgré une lecture différente en France, à l'époque, sous présidence française de l'Europe. D'ailleurs, le traité constitutionnel fait l'unanimité politique chez nous, il renforce le poids du couple franco-allemand. Et les syndicats allemands, qui voient dans ce traité une meilleure garantie des acquis sociaux, ne comprennent pas le non français."
Propos recueillis par Stephen Bunard, de EuropePlusNet
Autre article, néerlandais :
- "L'Europe n'existe pas sans la France"
"Chez nous, qui votons le 1er juin, le non progresse sous l'influence du débat français, surtout par opposition au gouvernement. Mais les Néerlandais, avec leur petit pays, sont confiants dans une Europe unie. Les politiques français qui se prononcent contre le traité, surtout à gauche, devraient mieux accueillir les pays de l'Est au lieu de les accuser de dumping social et de tout mélanger avec les délocalisations. Un, les entreprises n'ont pas attendu l'Europe. Deux, l'Europe est une chance pour ces pays comme elle le fut pour l'Espagne et le Portugal, sans que les Français en aient tellement souffert. Prenons l'affaire du textile chinois, qui symbolise le mal français, le manque de flexibilité. Aux Pays-Bas, le textile s'est adapté dans les années 1980 à cette situation de libre-échange. Et puis, la France peut-elle vendre des Airbus en Chine et dénoncer ensuite les menaces du textile chinois sans s'exposer à des représailles ciblées ? C'est un argument pour s'unir encore plus. Sans la France, l'Europe n'existe pas !"
Propos recueillis par Stephen Bunard, de EuropePlusNet
Autre article, britannique :
Celui-ci a une vision particulièrement libérale et britannique à laquelle je m'oppose clairement.
Néanmoins, il montre bien la difficulté qu'aura la France à renégocier si elle refuse le texte actuel qui lui est plutôt favorable.
En effet, ce texte libéral opposé à la vision française, est pourtant issu d'un journal de gauche britannique, "The Guardian"...
- "Un non serait plus grave pour la France que pour l'Europe"
"Certains parlent avec arrogance des services publics, d'une protection sociale exemplaire et d'un modèle français à préserver ou protéger. Mais sur le plan économique, ce modèle est le moins pertinent de toute l'Europe : 10 % de chômage depuis une décennie avec un faible taux de croissance. Comment faire valoir que le modèle européen devrait être le modèle français ? La classe politique française paie dix ans de contrevérités sur l'Europe et sur l'économie. On doit choisir entre le plein emploi ou un système de protection sociale généreux, on ne peut avoir les deux. Les Scandinaves ont su réduire le chômage en repensant leur système social et l'Allemagne a pris le risque de réformes impopulaires. Un non serait plus grave pour la France que pour l'Europe. Les libéraux dans l'Union seraient encouragés par la défaite du traité et attaqueraient d'emblée la PAC (politique agricole commune) qui profite aux agriculteurs français. En Angleterre, nous votons plus en fonction du bon sens. Et le débat porterait sur une vraie question : voulez-vous de l'Europe oui ou non une fois pour toutes ? Alors, je dis qu'un oui serait même plus probable chez nous que chez vous."
Propos recueillis par Stephen Bunard, de EuropePlusNet
15:21 Publié dans Regards européens | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note



Commentaires
je suis en désaccord avec à peu prèt toutes ces analyses en ce qui concerne les points de vues économiques. Je crains qu'un partisan un peu "borné" du non s'en serve pour dire :" vous voyez ! votre OUI c'est la destruction de notre modèle social et bla et bla"... pourtant ce serait voir de façon un peu courte. Parce que ce que ces articles nous disent finalement c'est que le "modèle" français est quelque chose d'unique que les autres (y compris de gauche ne comprennent pas) le modèle français n'a aujourd'hui valeur de modèle qu'en France. Contrairement d'ailleurs à un modèle nordique qui est je crois beaucoup mieux compris à l'étranger. Pourquoi ? parce que le "modèle" français passe son temps à se mordre la queue. il a des syndicat qui dénonce des conditions de travail aliénantes mais qui va hurler si on les supprime parce que ça supprime des emplois. qui a aucun moments ne choisissent de réinventer le rapport de la société au travail qui sont en fait les complice de leur propre aliénation. de même que les fonctionnaire de guichet sont souvent en france les meilleurs communicant de la droite la plus libérale en ce que leur comportement souvent caricatural donne envie à n'importe quel chomeur confronté à eux ou à n'importe quel assuré social qui va les voir ou à n'importe quel citoyen qui passe par la case préfecture de les voir privatiser au plus vite tellement il vient de se faire insulter, humilier ou simplement tellement on vient de le promener pour rien.
Vous ne trouverez pas plus attaché que moi à l'idée de la fonction pubique. Je suis attaché même à l'idée de nationalisation (même si cela se discute) je suis totalement opposé à toute atteinte à la sécu ou aux minima sociaux qui sont ridicules et souvent insultant pour la dignité humaine. Mais ce que nous apprenons au contact des autres c'est que l'archaïsme de ceux qui nous défendent et même de ceux qui nous combattent sont aux yeux des étrangers une anomalie plus qu'un modèle. Nos patrons et nos syndicats fonctionnent sur des modèles de révolution industrielles aussi obsolètes qu'il est possible de l'être.
J'ai bossé plusieurs mois à la chaine et je ne pleurerai jamais leur disparition. je ne pleurerai jamais la mécanisation. Je pleurerai les emplois mais jamais leur nature. Il s'agit de réinventer tout ça... et de toute évidence un NON ne fera jamais que nous transformer encore un peu plus en anomalie et nous enlévera définitivement toute possibilté de nous changer de l'intérieur, toute influence sur l'économie mondiale, tout poid. L'idée de l'influence ou du poids n'est pas l'idée nefaste de puissance mais plutôt celle de contre puissance. De resistance. POURQUOI REFUSER TOUJOURS DE RESISTER EN GRAND POURQUOI TOUJOURS VOULOIR ÊTRE DANS LE RÔLE DU PETIT QUI RESISTE ? MOI JE VEUX ÊTRE DANS LE RÔLE DU GRAND QUI RESISTE.
les délocalisations n'ont jamais attendu l'europe et elles se feront beaucoup mieux sans. c'est une certitude économique.
sauf si on devient une reserve protectionniste pourrie. sans moi, merci... ça c'est de villier.
il faut qu'on se repense et qu'on se repense en grand !
pour cela il faut rester ce que nous sommes le mieux, un peuple qui a des idées généreuses.
vers les autres ! avec eux !
Écrit par : machinchose | dimanche, 22 mai 2005
donc OUI
Écrit par : machinchose | dimanche, 22 mai 2005
Bravo!!!!!
Écrit par : dédé | dimanche, 22 mai 2005
Seule la gestion de la concurrence est une compétence Européenne dans ce traité, le social reste une compétence Nationale. De plus, les aspects concurentiels se votent à lamajorité qualifiée, mais le social et le fiscal à l'unanimité.
Aussi, il y a peu d'espoir que l'Europe se transforme en grand qui résiste, par contre il y a toute les chance pour que la loi de la jungle "libre et non faussée" soit appliquée avec encore plus ede rigueur...
Écrit par : thierry | dimanche, 22 mai 2005
Mais non !
Ce traité, justement, institue des droits sociaux qui ne sont pas rien, comparé aux systèmes étrangers.
Et puis c'est pas la France toute seule qui pourra imposer des normes sociales!
Et je ne vois vraiment pas pourquoi il y a toute les chances pour que la loi de la jungle soit appliquée avec encore plus de rigueur! argumente!
En plus la concurrence "libre et non faussée" n'a rien de mal à l'inverse de ce que tu semble dire! Elle ne fait qu'éviter les ententes entre grands groupes industriels privés!
Lis les arguments de ce site avant d'écrire cela...
Écrit par : édouard | dimanche, 22 mai 2005
absolument Edouard, les arguments de ce sites mais également un peu de connaissances économiques de bases et de bon sens...
Écrit par : machinchose | dimanche, 22 mai 2005
Puisque nous en sommes aux analyses venant des autres pays d'Europe, voivi celle de l’ex Ministre britannique pour l’Europe (et qui nous confirme quelques arguments du NON ...)
http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=1569
Écrit par : babel451 | lundi, 23 mai 2005
ça faisait longtemps qu'il n'avait pas réapparu lui...
et si tu contredisais toi même en expliquant ce que tu veux nous "démontrer" par ton lien... je dis ça parce que quand on y reflechit ça s'écroule tout seul... je prends le pari.
Écrit par : machinchose | lundi, 23 mai 2005
C'est clair...
Écrit par : martin | lundi, 23 mai 2005
j'attends toujours votre Email pour vous envoyer les deux images de 1938
LA CONSTITUTION FRANCAISE DE L’EUROPE
Mon cher petit-fils,
J’ai été surpris de voir ton esprit civique à un âge où on se fout pas mal de pareilles billevesées. J’ai été encore plus surpris de m’apercevoir que tu avais déjà l’âge d’aller voter. Tu veux que je lise pour toi cette énorme et confuse élucubration et que je t’en fasse un résumé assorti de conseils judicieux.
Je l’ai relue dans cette optique et je te fais grâce d’explications détaillées.
La présentation est un peu ringarde car, elle ignore superbement la norme AFNOR de numérotation des chapitres, titres et sous-titres. Le repérage est pénible.
C’est donc une constitution française pour l’Europe. On y retrouve la « patte » de l’Ecole Nationale d’Administration, familière à tous les lecteurs du « JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE ». En l’occurrence, c’est précis comme l’analyse d’un avion renifleur. On y retrouve une forme et une subtilité spirituelle déjà appréciés avec la législation sur l’invention de l’avoir fiscal, sur l’imposition des plus values, et les réglementations catastrophiques sur le « regroupement familial », enfin tout ce qu’un journaliste appelait avec humour « l’autoritarisme mou ».
Comme dans nos lois inapplicables (littoral et SRU 2000, Etc.…), le verbe pouvoir remplace le verbe devoir, ce qui permet aux décideurs une abstention légale et une inefficacité certaine. Là encore, le législateur laisse la décision aux hauts fonctionnaires et aux juges administratifs. Enfin, comme dans toutes les législations françaises, les dérogations abondamment prévues transforment les meilleures intentions en vœux pieux parfaitement inutiles.
Lorsqu’il a fallu abandonner le droit régalien de « battre monnaie », on n’a pas eu besoin de constitution. L’impossibilité de faire tourner la planche à billets, pour boucher les trous du budget par des dévaluations, ne permet plus le déficit budgétaire programmé, ni la gestion sur une hypothétique croissance.
Ignorant superbement cet incontournable postulat, la constitution imaginée par des Inspecteurs des Finances, entérine les mauvaises manières de la quatrième République, ressuscitées par François MITTERAND et poursuivies par les « blancs bonnets » qui ont succédé aux « bonnets blancs ». Les mêmes se retrouvent avec bonheur pour approuver des deux mains ce qui condamne le système.
Que dire de cette phrase de l’article I – 16 (2) qui prévoit la nécessité d’une coopération loyale entre les rouages de cette organisation farfelue. Une coopération loyale ? Cela va sans dire et cela va encore mieux en ne le disant pas. On a vu ce que cela donnait pour accompagner la douteuse intervention américaine en IRAK. Quelle belle et loyale unanimité.
Enfin, cerise suprême sur le gâteau, la procédure de révision semble inspirée par notre code de l’urbanisme au chapitre de la révision du Plan d’Occupation des Sols (le fameux P.O.S amoindri en P.L.U). Puisqu’on peut la réviser, à quoi sert-elle si le suffrage universel n’intervient plus ?
Le rêve d’une Europe centrée sur le fameux « noyau dur de base », se répandant comme une tache d’huile destinée à s’étendre, en intensité, par l’unification des institutions, fiscales, économiques et sociales, ne se traduit pas dans ce verbiage vaseux.
A vouloir tout prévoir, on s’enferme dans un carcan parfaitement irréaliste. Le plus étonnant c’est de voir l’Allemagne avaler de telles couleuvres. Il est vrai qu’engourdie dans une repentance obligatoire des jeunes générations pour les folies de leurs anciens, elle n’ose plus rien dire. En lisant cette débauche de verbiage de la constitution française de l’Europe, on peut se remémorer l’affiche de la propagande allemande de 1938 : Un balai « européen » dépoussiérait devant la porte en expulsant un coq bleu blanc rouge, courroucé, avec des livres et des journaux à la mode française. La légende :
« Dehors le fatras français », est redevenue d’actualité.
Il suffira de remplacer le nom d’un des journaux balayés par celui de « constitution française pour l’Europe », pour rajeunir l’affiche.
Mon cher petit fils, je n’ai pas le droit de choisir pour toi. Je déplore que le vote « blanc » n’ait pas de signification. Il serait si bon qu’il corresponde, non à un refus total, mais à la réclamation d’un organigramme cohérent assurant le succès de l’application. Je vais donc, moi aussi, employer ce fameux verbe pouvoir.
Au OUI des vaincus on peut préférer le NON de la résistance.
Écrit par : Tatard | dimanche, 18 mars 2007
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