mercredi, 18 mai 2005

Lettres pour le "Non"

Ces 3 lettres que l'on m'a envoyé sont pour le "Non" et pourtant, elles s'opposent frontalement.
Cela est heureux, car il est malheureux de s'associer à un Le Pen ou même à des nationalistes.

En revanche, il est étrange qu'un traité comme celui-ci, qui n'est qu'un cadre large puisse voir naître de telless divergences entre l'extrême gauche (et une partie de la gauche) avec l'extrême droite (et la droite souverainiste).
Mais je crois qu'il est compréhensible que le PS, les Verts, l'UDF et l'UMP acceptent ce texte.
Cela ne signifie en rien qu'ils se confondent désormais et qu'ils ont les mêmes idées sur tout, cela signifie simplement qu'ils sont d'accord sur un consensus, sur un cadre.
Après chacun y appliquera ses politiques.

Evidemment je ne m'associe à aucune de ces lettres avec lesquelles j'ai un profond désaccord.


Mais elles prouvent la difficultés de ces partisans du non refusant le consensus européen à pouvoir renégocier un nouveau texte ensemble (ensemble car les 2 courants pourront réclamer la "paternité" de la victoire du "Non") face aux 24 autres Etats qui sont aujourd'hui pour beaucoup atlantistes et de conception libérale.

Attention! Il n'y a aucun amalgame ici! (heureusement que la gauche pour le "non" ne s'allie pas au pires nationalistes)



1ère lettre pour le "Non" :

"
La concurrence « libre et non faussée »implique obligatoirement une véritable absence de liberté de décision pour un gouvernement , d’autant que chaque pays ayant adopté cette sale constitution devra se soumettre aux décisions de la communauté sans discuter les dictats.
.()
C’est une farce malhonnête .
Il est infernal que des personnalités politiques aient le culot de vouloir imposer cette sale constitution .
Il faudra renégocier et c’est possible!
Pourquoi pas ?
Le matraquage médiatique des tenants du Oui à cette sale constitution est une honte, rien que pour ce simple fait, je voterai Non .
Si les politiques du tenant du oui tiennent absolument au OUI alors pourquoi nous consulter ou nous demander notre avis( s'ils n’en veulent pas)?!
(...)
D’ailleurs ils n’ont pas même attendu le référendum ils ont déjà fourbi leurs armes et la classe ouvrière en premier en fait déjà les frais surtout depuis que la droite et la gauche ont fait voter républicain ! À 82% à une certaine élection présidentielle .
Tous les plans ont déjà été commencés a voir les dénationalisations de certaines entreprises bien françaises , toutefois si ça va mal pour ces entreprises publiques c’est pas grave le libéralisme les re -nationalisera
Car pour les libéraux les bénéfices sont privatisés et les déficits sont nationalisés. CQFD
Pour moi ,c’est NON ,à cette présente constitution européenne .
"


2ème lettre pour le "Non" :

"En France certains médias essayent de ridiculiser les partisans du «Non», si nombreux au centre et à droite. On les présente comme des rétrogrades et primitifs, contraires au progrès économique et aux intérêts de l'Europe.
Le 29 mai prochain la France déterminera encore une fois, comme dans d'autres circonstances historiques, le destin du Vieux Continent. Il s'agit du plébiscite sur la Constitution européenne, dont la ratification par les 25 pays membres est nécessaire pour qu'elle entre en vigueur.
Ce texte constitutionnel - 474 pages du Journal Officiel - est porteur de nombreuses contradictions et ambiguïtés qui se trouvent à la racine de l'intention du «Non» chez des secteurs assez vastes du centre et de la droite françaises. Plusieurs sondages d'opinion présentent au moins la moitié des Français décidée pour le «Non».
En matière économique et administrative la Constitution instaure une gigantesque bureaucratie supranationale, siégée à Bruxelles, aux allures néo totalitaires, dont les normes multiples auront le pouvoir d'intervention dans tous les domaines de la vie économique. Même le fameux «camembert» et le «foie gras» en sont menacés. Un vrai monstre tout puissant sera ainsi créé, capable d'asphyxier la libre initiative mais inefficace pour promouvoir le progrès économique authentique.
En ce qui concerne les racines historiques du Vieux Continent, la Constitution évite toute référence à ses origines chrétiennes, en faisant comme si presque 20 siècles de son histoire (et 15 siècles d'histoire de France depuis la conversion des Francs) pourraient être effacés d'un seul coup.
En matière morale, la Constitution porte atteinte au concept de famille basé sur le mariage entre homme et femme et ouvre la voie au pseudo mariage homosexuel, à l'avortement, à l'euthanasie, etc.
Dire que les 474 pages de la Constitution n'ont rien d'acceptable serait infantile. Ce qu'on dit c'est qu'elle contient suffisamment de contradictions et d'ambiguïtés qui suscitent des raisons pondérées et sérieuses portant des Français à voter «Non». Si le « Non » triomphe un processus salutaire de débats pourrait s'ouvrir en France.
Un paradoxe fait aussi partie du débat français sur la Constitution: parmi les partisans du «Non» se trouvent les éléments sains et lucides, mentionnés ci-dessus, du centre et de la droite. Mais également des groupements d'extrême gauche anarchistes, liés au Forum social mondial, sont pour le «Non». Et ils prennent le devant de la scène. Mais il faut savoir qu'il s'agit d'une gauche discréditée et disqualifiante, qui s'efforce pour la victoire du «Non», mais qui ne se fait pas de souci à propos de la souveraineté et l'indépendance de la France. Elle est désireuse de voir ce pays et toute l'Europe avancer dans le sentier du chaos et de la fragmentation. Pour elle, «tant mieux si cela va mal ».
Secteurs de la presse française partisans du «Oui» profitent de ce paradoxe et de sa confusion conséquente pour tenter de déprécier les partisans du « Non », identifiés comme des rétrogrades, des alliés de l'extrême gauche, contraires au progrès économique et aux intérêts de l'Europe.
Il est notre souhait que dans l'actuel combat publicitaire français la vérité, la lucidité et le bon sens occupent la première ligne et que l'opinion publique du pays sache séparer le bon grain de l'ivraie.
"


Ou encore ...


"C'est bizarre ce qu'on me demande: De me prononcer si je veux que la France disparaisse ou si bien je préfère qu'elle se maintienne. Puisque je suis Français et j'aime la France, mon devoir est de voter NON!
Je m'explique. Dieu même n'a pas permit que la France disparaisse quand, au XVème siècle, le roi d'Angleterre voulait s'emparer d'elle. Il a envoyé une Pucelle, éclatante de candeur et de foi, pour défendre le royaume de France. Ce fut la glorieuse Sainte Jeanne D'Arc, dont la personnalité claire, héroïque et franche fais remplir d'enthousiasme le cœur de tous les vrais Français, même aujourd'hui. Et si le bon Dieu a appelé cette pucelle pour raffermir le royaume dans les mains de son roi légitime, est-ce possible que maintenant nous soyons invités à nous prononcer sur notre souveraineté? Je pourrais citer des autres événements historiques qui montrent la prédilection de Dieu pour la France. Pourtant les historiens en pourront faire mieux.
C'est vrai que Messieurs les évêques ne sont pas tous de cet avis, mais aussi au temps de Sainte Jeanne D'Arc il y en avait ceux qui ont fait condamner la Pucelle au feu.
Tout cela sera détruit, en plongeant la France dans la mer commune d'une Europe massifiée, dépersonnalisée, atomisée, dépourvue d'esprit. Plusieurs motifs encore j'aurais pour voter non. Je donnerai ici seulement un: La bureaucratie paralysante, à façon socialiste, qui considère tout le monde comme des incapables qui, pour faire quel que soit, doivent demander permission aux tout-puissants, omniscients et infaillibles bureaucrates impersonnels. Un véritable esclavage.
Donc, je ne peu pas m'abstenir. Au plébiscite du 29 mai, mon devoir de Français est de voter NON."



Comme on peut le constater c'est divergeant. Je ne m'y associe surtout pas!!

Commentaires

votre demarche est surprenante ! la votre ou celle de ceux qui cherche dans un non ou un oui une alliance avec tel ou tel! La réponse à un référendum c'est la réponse à un texte et un contexte ! Si j'approuve le texte , je vote oui , si je ne suis pas d'accord , je vote non ! C'est aussi simple que ça et faire croire à ceux qui votent non , c'est une alliance à Le PEN ou un autre , c'est des arguments de basses zones !
Faute de pouvoir apporter des arguments sur le texte on nous sort Le Pen ! et c'est pour les mêmes arguments que nous nous sommes précipités à Voter Chirac alors qu'il n'y avait pas de danger ! On piege une fois mais pas deux !

Écrit par : jean noel | mercredi, 18 mai 2005

jean noël, je crois que ce que Nicolas veut montrer c'est que le NON ne peut pas prétendre avoir un poid en tant que "mouvement social" autre que celui de dire NON. Il n'est pas une force unie. ce qu'est le OUI quand bien même ce dernier répond à des motivation differentes. L'amalgame des intentions n'est jamais à faire que ce soit chez les OUI ou chez les NON toutefois on ne peut pas faire l'impasse sur la réalité de ce que tel ou telle option représnete. ainsi certains partisans du non sont dans le doux rêve quand ils prétendent représenter un poids cohérent majoritaire. Ce n'est pas le cas. si le NON l'emporte les reformistes de gauche ne représenteront pas plus de 25 ou 30 % des voix et, dans la plupart des cas ce sera le fait de personne mal consciente des fonctionnements européen... La multitude des NOn est donc un argument. pas l'amalgame justement, la differentication même.

Écrit par : machinchose | mercredi, 18 mai 2005

Il ne me semble pas non plus, cher machinchose, que le vote pour le "oui" ait une véritable cohérence, et qu'il soit interprété de la même façon par tous les partisans de l'acceptation. Ayant suivi certains débats télévisés, je n'ai guère vu de lecture parallèles entre les partis de droite et de gauche. Si nous nous intéressons à l'Europe, nous constatons d'ailleurs que la vision du texte par nos voisins britanniques est radicalement différente de la notre. L'extrème-droite française vote non, l'extrême-droite autrichienne vote oui. Il ne me semble pas que tout cela crèe un front commun du oui.
C'est d'ailleurs ce qui m'amène personnellement à être réticent face à ce texte : il semble être très malléable, et nous engager sur une voie pour le moins floue.
Cependant, j'ose espérer que l'on ne me dira pas, comme on a tendance à la dire, que je suis anti-européen. C'est bien parce que ce texte va fonder une Union Européenne dans laquelle je ne reconnais pas mes valeurs que je m'apprête à voter "non".

Écrit par : CohenLeBArbare | mercredi, 18 mai 2005

il ne faut pas donner trop d'importance au vote du 29 mai quant à l'avenir d'un mouvement social comme le dit "machinchose"!
Le seul espoir qui peut en naitre , si le non l'emporte c'est la contagion aux peuples européens d'une remise en cause de la dérive liberale .
par contre , sur le plan intérieur de la France , le référendum passé , la recomposition d'un peuple de gauche se construira sur des objectifs et une ambition de mettre fin
à une politique de droite dont le chevalier Sarkozy est un être demago dangereux et sophiste !

Écrit par : jean noel | mercredi, 18 mai 2005

cohenlebarbare, tu ne m'as pas compris. je suis d'accord avec ton analyse et les motivations du OUi comme je le disais sont toutes bien differente voire divergente. CEPENDANT elles aboutissent toutes à rendre valide et effectif un texte, en ce sens elles sont toutes "unifiée" dans leur resultat qui rend "effectif" le TCE. Chacun espère ensuite par le combat politique faire du texte son mieux possible (comme chaque groupe politique a fait de la constitution française un usage different).
EN REVANCHE les NON ne peuvent pas prétendre être porteur d'une alternative "positive" (ce n'est pas à prendre dans le sens d'un jugement) en ce qu'ils ne se retrouvent sur pas grand chose du fait justement de leur divergeances. j'espère avoir été plus clair.

Écrit par : machinchose | mercredi, 18 mai 2005

Cher Jean-Noël, je ne suis pas d'accord du tout... la contagion peut être celle du non certes mais il est faux de pretendre que celle ci serait automatiquement une contagion anti liberale, ça peut être une contagion souverainiste, un NON protectioniste, un NON ultra liberal même, un NON atlantiste etc...

Écrit par : machinchose | mercredi, 18 mai 2005

Le "non" polyphonique, la bonne excuse....A l'échelle européenne*, le "oui" est également prisé de mouvements absolument contraires : le "oui" de Haider n'a rien à voir avec le "oui" de Chirac, celui de Berlusconi n'a rien à voir avec celui de Hollande...
*il convient de souligner ici le profond ancrage national des partisans du "oui"...qui se refusent, souvent, à peser leurs arguments au niveau européen...A titre d'exemple, l'on peut citer le catastrophisme du "non"...pourquoi le "non" français serait catastrophique alors que selon même un partisan du "oui" expert des choses européennes, il existe un plan "b", que la GB et les Pays-Bas (ces derniers sont également pays fondateur) risquent également de voter non.

Écrit par : Le Klebs | mercredi, 18 mai 2005

Ou la la, ce n'est pas bien de faire dire des choses à quelqu'un qui ne l'a pas dit!!
Personne de qualifié (tu dois parler de J. Delors) n'a dit qu'il y avait un "plan B"!
Il a simplement dit qu'il pouvait peut-être être possible qu'une négociation est lieu sur un autre projet. Tout en précisant que cela n'arrivera pas avant longtemps et dans des conditions bien moins positives pour la France qu'avec le texte actuel de la Constitution!!!! Cela n'a rien à voir est ne va pas du tout dans le sens d'un vote "non" qui resterait la plus mauvaise des solutions!
Il est marrant de voir comme les partisans du "non" essayent parfois de récupérer les dires de personnalités crédibles... en les déformant et en les manipulant!
Si tu ne me crois pas, tu n'as qu'à relire ce qu'a dit Delors!

doud

Écrit par : doud | mercredi, 18 mai 2005

le klebs, je crois que tu ne m'as pas lu... je ne parlais pas des divergeance, que je reconnais, je parlais de leur "potentiel" et de leur "efficacité constructive (ou non). Le NON ne peut pas pretendre être constructif directement puisque non unitaire, il peut pretendre être destructif (ce n'est pas un vocabulaire de jugement, la destruction est une forme d'action positive en soit) ce que sa divergence n'empêche pas mais pas constructif ce que sa divergence empêche.

Écrit par : machinchose | mercredi, 18 mai 2005

Et évidemment que le "oui" est parfois bien différent, mais de manière générale, nettement moins que le "non" (franchement soyons HONNETES!!)
Le "oui" peut souvent être compatible car cette Constitution n'est qu'un cadre justement!!!!
Franchement ce serait bien que les gens qui disent que les oui entre eux sont aussi différents que les non entre eux lisent bien le texte et fassent preuve d'honnêteté! voilkà zut!

Écrit par : doud | mercredi, 18 mai 2005

Oui! merci machinchose!
moi, je suis d'accord avec lui!

Écrit par : doud | mercredi, 18 mai 2005

A entendre les partisans du oui et leurs "arguments", on se demande vraiment pourquoi il serait nécessaire de demander son avis au peuple par la voie référendaire. D'ailleurs, puisque tout est inéluctable car inféodé à la sacro-sainte efficacité économique, enterrons en grandes pompes ce qu'il reste d'expression démocratique en votant "oui" à ce texte et laissons les gérants de l'entreprise Europe faire leur travail. A-t-on déjà vu des employés donner leur avis démocratiquement sur les options stratégiques de leur entreprise ?
Non, il faut raison garder. Cela ne serait pas du tout raisonnable.

Écrit par : Jean-Jacques | mercredi, 18 mai 2005

Ce n'est pas raisonnable non plus d'écrire ainsi, cher Jean-Jacques...
Ce n'est pas parce que des gens sont pour le "oui" que tout de suite, il est inutile de demander l'avis du peuple !
On ne va pas voter "non" uniquement pour dire qu'on peut dire "non!", quand même.
D'ailleurs je pense qu'il était stupide de demander l'avis du peuple alors que les gouvernements successifs ne l'avaient pas informé !
Cela ne signifie pas qu'il ne fallait pas demander l'avis du peuple mais plutôt qui fallait qu'on nous informe depuis bien longtemps au lieu de toujours dire que l'Europe était la cause de tous nos maux!
Un peu facile pour se décharger de sa responsabilité...
Et maintenant les grands partis voient les conséquences... Tout le monde veut voter "non" !
Mais il ne faut pas !
N'accusons pas l'Europe et cette Constitution qui n'est pas si mal à la place de nos politiciens !
Et je réponds à Jean Jacques qu'il n'y a pour moi dans cette Constitution rien qui dise que l'on a plus d'expression démocratique; au contraire il y en a plus qu'avant !
Saisissons notre chance pour rendre cette Europe plus démocratique en votant "Oui" !
Bien sûr, il faudra encore s'investir dans la vie citoyenne européenne, il faudra la créer avec tous nos concitoyens.
Cette Constitution ne nous aidera peut-être pas beaucoup mais au moins elle nous le permet largement et ouvre la voix à autre chose qu'une Europe simplement économique !
VOTONS "OUI" JEAN-JACQUES !

Écrit par : Colette | mercredi, 18 mai 2005

Jean-Noël, quand les Danois ont voté 'non' à Maastricht, quand les Irlandais ont voté 'non' au traité de Nice, y a-t-il eu une 'contagion européenne de leurs idées'???? Non? Vous vous en étiez soucié de l'avis Danois ou Irlandais?

Votez 'oui' ou votez 'non' mais ne rêvez pas trop de l'influence de votre bulletin de vote... Je vote 'oui' personnellement car je trouve le message bon, même si j'ai guère d'estime pour les messagers... et je ne vois pas ce que le 'non' peut apporter à part d'hypothétiques révisions technico-technique comme le reconnaît presque Arnaud Montebourg qui n'exige "qu'une modification des possibilités de révision". Tout ça pour ça...

Écrit par : ludovic | samedi, 21 mai 2005

Sur les danois et irlandais, très bonne remarque Ludovic !
100 % d'accord !
alors franchement votons "oui", zut ! (on mettra nos gouvernants dehors aux élections qui sont faites pour ça !)
Bravo !

Écrit par : robert | samedi, 21 mai 2005

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