vendredi, 29 avril 2005

Réponses à vos commentaires !

Concernant le 5ème point de M. Chouard, sur lequel certains reviennent :

En premier lieu, je tiens à préciser que l'argumentation de M. Chouard sur ce sujet relève de la quasi-manipulation et de la tromperie la plus dramatique. Dramatique pour le débat honnête, démocratique et responsable qui devrait avoir lieu concernant un sujet aussi important que le traité établissant une Constitution pour l'Europe. C'est pourquoi je demande à M. Chouard de prendre ses responsabilités d'enseignant (qu'il met tant en avant) et ainsi, de revenir sur ses propos mensongers pour rétablir la vérité du texte. Un enseignant qui joue de sa qualité (en l'occurence de prof de droit - je rappelle qu'il est enseignant d'informatique, d'économie et de droit dans un lycée technique -) se doit au minimum de ne pas tricher et jouer sur les mots.

Ensuite, je tiens à rappeler qu'il existe déjà sur mon blog une argumentation contre celle de M. Chouard et son "point 5" ; c'est celle de Bastien François - professeur de droit constitutionnel - qui se trouve dans la catégorie "Autres contradicteurs de Chouard".

Enfin, je souhaite pour répondre succintement mettre en ligne la lettre qui suit (qui est issue d'un autre blog) que je considère tout à fait juste :
(évidemment elle ne vise pas tous les partisans du "non", mais simplement dénonce des arguments qui n'ont pas de sens et qui ne jouent pas en faveur d'un débat honnête et démocratique)

"Renvoyer dos à dos la construction européenne et le régime de Vichy est non seulement un contresens historique absolu mais aussi un point de vue absolument intenable et franchement nauséabond. La convention a réuni pendant dix huit mois des représentants des Parlements nationaux, du Parlement européen, de la Commission, des Etats. Les débats étaient publics, rien n'a été fait dans le dos des peuples. Un net progrès donc par rapport au mode habituel d'amendement des traités européens (la Conférence Intergouvernementale). Une
constituante suppose de plus la réalité d'une vie parlementaire pan-européenne (par exemple un parti conservateur ou socialiste européen présentant des programmes communs). Nous n'en sommes hélas pas encore là (rappelons que les députés européens sont désignés par des partis politiques nationaux et qu'à ce titre les élections européennes restent essentiellement et paradoxalement des élections nationales). Enfin que je sache, la IIIième ou la Vième République française ( - élaborée par des technocrates dirigés par M. Debré - ) ne sont pas issues de constituantes et je n'ai entendu personne de bonne foi clamer que nous vivons sous une tyrannie. Le bon (??) professeur chouard avec ces arguments stupides et certains qui hurlent que c'est la fin parce que le traité sera superieur à la loi... mais ils se réveillent ? ça fait des siecles qu'un traité engage le pays qui le signe et le droit international n'a pas attendu le Traité établissant une Constitution européenne pour que les traités supplantent ( - et en plus ce traité est plus simple à réviser que les autres! - )... Ce genre de remarques est affligeant. Il pourrait être bon de se renseigner avant de déclarer de tels mensonges comme le fait M. Chouard. Voilà c'est tout. je m'emporte un peu parce que je crois qu'à cause de ces approximations (pourtant simple) et de ces manipulations de groupes tels qu'attac (tout le monde peut le vérifier, cette fois ci ils mentent) on risque de passer à coté d'une belle opportunité..."



Concernant le "méa culpa" de M. Chouard :

En effet, ce n'est plus vraiment un méa culpa surout depuis qu'il a constaté que nombre de professeurs de droit rejoignaient son "combat".
Dommage, car au final, il n'accepte guère ses erreurs qui sont pourtant évidentes.
A mon humble avis, il se fait un peu trop "moussé"... et cela ne joue pas en faveur d'un débat honnête et démocratique.


Concernant les professeurs contre le traité :


Pour certains en question -qui sont d'ailleurs proches d'un certain militantisme-, je ne suis pas d'accord avec eux et je traiterai de leurs arguments dès que possible (ils sont d'ailleurs assez similaires à ceux que je réfute sur le blog). Pour les autres, je vais me renseigner. Et pour l'ensemble de ces profs, je vais consulter ce livre.


Concernant la photo choisie :


Je ne crois pas que ce soit guerrier. En effet, c'est une photo avec des soldats. En fait c'est une reprise d'une photo représentant des soldats américains durant les victoires de la 2de Guerre mondiale. En remplaçant le drapeau américain par celui de l'Union, je voulais signifier que l'Europe peut et doit "s'affirmer" face à une puissance trop unilatéraliste et sans contrainte. Le monde a besoin de contre poids et d'alternatives, 50 ans après la 2de Guerre Mondiale et la consécration de la seule puissance américaine. Cette photo illustre l'alternative possible de l'Union. Qui plus est, les protagonistes essayent de fixer le drapeau, comme l'Union essaye de poser de vrais fondations à une Europe politique. Finalement, il n'y a rien de militariste, je souhaite une Union pacifiste mais qui ait le poids suffisant pour affirmer ses différences (un modèle de société peut-être plus juste et équitable).
P.S.: "machinchose" n'est pas "moi" et par ailleurs je remercie cet inconnu pour son soutien que j'apprécie (même si je ne me permettrais pas de le corrompre !).


Concernant la longueur des arguments :

Mes arguments (qui ne sont pas "pompés", pour répondre à un mauvais esprit; il n'y a aucun "plagia") sont en effet assez longs, mais c'est en réponse à des arguments tout aussi longs (voire plus). Je cherchais à répondre point par point pour ne rien omettre, pour être tout à fait honnête et pour bien soutenir mes propos. En revanche, j'essaierai, dès que je le peux, de synthétiser tout ça en quelques points.


Concernant le "droit de travailler" :

Tout d'abord, il est tout à fait hasardeux de faire des comparaisons entre la Charte et les Constitutions nationales des Etats membres, en avançant que celles-ci sont plus protectrices que la Charte, notamment sur ce point (comme le font certains partisans du "non").
Car, d’une part c’est faux, d’autre part, quand bien même les protections de certains droits seraient mieux assurées par des Constitutions de certains Etats membres de l’Union, ces dernières sont de toute façon prises en compte par la Cour Européenne de Justice et la Cour Européenne des Droits de l’Homme (la jurisprudence le confirme et le traité l’énonce à son article II-112 : « les droits fondamentaux doivent être interprétés en harmonie avec les traditions constitutionnelles communes aux Etats membres »). Il n’y a donc aucun risque d’être moins bien protégé avec le traité constitutionnel. Au contraire, désormais, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (que tout citoyen européen peut saisir) jugera les violations non seulement des droits de la CEDH mais aussi de ceux de la Charte.

Ensuite, il faut savoir que la Constitution française utilise l'expression bien plus ambigüe de "droit à obtenir un emploi", qui indique le droit de prendre un emploi si on vous le propose.
Notons qu'en France, nous avons plus de 3 millions de chômeurs qui n'ont évidemment jamais pu saisir un quelconque tribunal pour se faire octroyer un emploi...
Par "droit de travailler", il faut entendre dans la conception communautaire, le droit d'embauche sans discrimination, l'accès à la formation professionnlle, l'accès aux services de placement (agences pour l'emploi), ou encore la protection contre les licenciements injustifiés (évidemment, cela est à définir!).
Il faut ajouter enfin, que toutes les politiques européennes devront prendre en compte un des objectifs de l'Union qui est le "plein emploi".

Finalement, en l'espèce, accuser le traité en jouant sur les mots alors même que celui-ci est, en la matière, plus protecteur que notre propre Constitution n'est pas très honnête.


Concernant la puissance de l'Allemagne et de la France au sein de la Commission selon le traité


Je dois répondre aux propos considérant que le poids de ces 2 pays ne changera en rien au niveau de la Commission.
Il y aura un maintient provisoire d'un commissaire par Etat membre jusqu'en 2014. Mais à partir de cette date (fin de mandature de la Commission suivant celle du président Barroso), la Commission sera composé d'un nombre égal aux 2/3 des Etats membres, et aucun Etat ne pourra revendiquer plus de 1 seul ressortissant. Il existera une rotation strictement égalitaire entre Etats, ainsi, chaque Etat sera représenté dans 2 Commissions sur 3. Aussi, le collège des commissaires successifs devra être constitué de manière à refléter d'une manière satisfaisante l'éventail démographique et géographique de l'ensemble de l'UE. Il convient toutefois de préciser qu'il sera toujours possible au Conseil européen, statuant à l'unanimité, de modifier les règles de composition de la Commission sans qu'il soit nécessaire de réviser la Constitution.
Mais le poids de la France et l'Allemagne y est renforcé, via l'élection du Président de la Commission, qui est proposé par le Conseil européen (selon les résultats des élections européennes) au Parlement européen (qui a un droit de véto) et qui lui, sera composé de très nombreux députés allemands et français (ce sont eux qui auront le plus de poids au Parlement européen).

J. Delors, entretien avec le Nouvel Obs.

Voici la retranscription de l'entretien de Jacques Delors avec le Nouvel Observateur.
Vraiment intéressante.


Ici au format PDF

ou...

L’ancien président de la Commission européenne est en colère. Pour lui, le traité constitutionnel est victime d’une véritable opération de désinformation. On peut évidemment voter oui ou non... A condition de revenir à la vérité du texte.


Le Nouvel Observateur. – Beaucoup de partisans du non présentent la Constitution comme un «carcan libéral» qui obligerait la France à mener une politique dont elle ne veut pas…

Jacques Delors. – Ils mentent.

N. O. – Mais encore?

J. Delors. – Ce sont des mauvais bergers, des joueurs de flûte. Comme tous les textes européens, la Constitution est un compromis entre droite et gauche, entre libéraux et sociaux-démocrates. Par rapport aux textes précédents, elle représente une avancée indiscutable qui a été arrachée par la gauche européenne dans la phase préparatoire. C’est mentir que ne pas le reconnaître. Dans la déclaration de principes comme dans la charte des droits, les conquêtes sociales sont protégées au niveau juridique le plus élevé. C’est un grand progrès. Aucun Etat de l’Union ne peut se voir imposer un recul de sa législation sociale. Aucun. Tous sont libres de développer et d’améliorer leur protection sociale. Tous. Ce texte est le plus social de tous les textes européens jusqu’ici mis en oeuvre.

N. O. – Un texte qui cite 27 fois le mot «concurrence» n’est-il pas libéral? (1)

J. Delors. – Alors vous aussi, vous vous laissez prendre! Cette présentation est elle aussi mensongère. Savez-vous que le mot «social», lui, revient 89 fois? Alors? Ceux qui citent seulement la «concurrence libre et non faussée» mentent par omission. A dessein, ils gomment toutes les parties sociales du traité. Evidemment, en tronquant le texte, il est facile de faire peur! Lisez-le, au lieu de les écouter! Vous verrez que la Constitution est un texte où la préoccupation sociale existe tout autant que le souci économique. C’est un compromis équilibré. Ceux qui à gauche le dénigrent ont autre chose en tête. Ce sont des nostalgiques de la rupture. Il faudrait que la Constitution soit d’emblée socialiste! Il faudrait faire du jour au lendemain l’Europe de nos rêves, l’Europe de nos chimères! Sinon on arrête tout! Mais enfin qui ne voit que cela ne mène à rien, ne correspond à rien, ne signifie
rien.

N. O. – Pourquoi cette insistance du traité sur une «concurrence libre et non faussée»?

J. Delors. – Mais enfin ce principe est en vigueur en Europe depuis que nous avons signé le traité de Rome, c’est-à-dire depuis 1957! Il est bien temps de s’en inquiéter! Je vais vous dire de quoi il s’agit, parce que tous les fantasmes circulent sur cette question. Le premier but de ce principe, c’est de lutter contre le capitalisme monopolistique qui tend à créer des positions dominantes et des cartels faussant le libre jeu de la concurrence. Comme le traité de Rome, la Constitution veut lutter contre ces perversions du marché qui sont nuisibles aux citoyens et pas seulement aux consommateurs.

N. O. – Parfois l’Etat, pour des raisons sociales ou pour préserver l’équilibre d’une région, estime utile de subventionner telle ou telle activité. Le principe de la «concurrence libre et non faussée» l’interdira…

J. Delors. – Là aussi, vous vous êtes laissé prendre! La Constitution n’interdit en rien les subventions dans les cas que vous citez. Elle ne les interdit pas non plus quand il s’agit de permettre à un service d’intérêt général de remplir sa mission. Je cite le texte : «Les services [d’intérêt général] fonctionnent dans des conditions, notamment économiques et financières, qui leur permettent d’accomplir leur mission.» C’est clair. Par exemple quand la SNCF veut maintenir une ligne déficitaire pour aider une région ou une ville, elle en a le droit. Ou encore quand La Poste, à la demande des élus, veut maintenir un bureau ouvert dans un petit village, elle en a le droit. Si la subvention est transparente et justifiée, rien ne l’interdit. Et si la Commission intervenait – il lui est arrivé de se tromper… – les Français feraient appel devant une juridiction européenne qui leur donnerait raison en s’appuyant précisément sur le texte de la Constitution. Le traité qui nous est proposé renforce l’Etat de droit en
Europe. Ce traité nous protège!

N. O. – Il y a tout de même des cas où l’Europe a combattu des politiques de subvention…

J. Delors. – Oui. La subvention devient illicite si l’on estime que l’entreprise qui en bénéficie – publique ou privée – se sert de ces fonds pour racheter d’autres entreprises en Europe ou bien pour envahir le marché du pays voisin. D’où l’expression «concurrence non faussée». Mais n’est-ce pas normal? Que dirions-nous si un Etat voisin subventionnait outrageusement son industrie de manière à inonder notre marché intérieur de ses produits? La Constitution permet de régler ces conflits par la règle de droit et non par la guerre commerciale entre Etats. C’est un progrès.

N. O. – Nous parlons ici des règles énumérées dans la troisième partie, qui décrit les politiques de l’Union. Beaucoup de gens estiment que cette partie n’a pas à figurer dans une Constitution et que sans elle ils voteraient volontiers pour le traité…

J. Delors. – Cette troisième partie existe parce qu’il fallait bien mentionner les traités existants, c’est-àdire
les règles du jeu qui sont maintenues. Ces traités, la France les a déjà tous signés et ratifiés!

N. O. – On aurait pu s’abstenir de les adjoindre au texte…

J. Delors. – Dans ce cas, il aurait fallu y renvoyer sans les citer et l’on aurait été accusé de cacher les vraies clauses du contrat, comme le faisaient certaines compagnies d’assurances qui imprimaient des paragraphes en caractères minuscules pour les dissimuler aux yeux de l’assuré naïf. Nous n’allions pas les annuler, tout de même, ces traités! Nous les avons approuvés! Ce sont eux qui régissent l’Europe d’aujourd’hui. C’est un règlement de copropriété. S’ils disparaissent, l’Union européenne n’a plus de base juridique pour son fonctionnement quotidien. La Constitution est une avancée parce qu’elle leur ajoute des garanties nouvelles: la charte des droits, à laquelle nous pourrons nous référer pour protéger nos libertés, et une organisation des pouvoirs plus efficace et plus démocratique. Si le traité constitutionnel est rejeté, seuls restent les textes actuels. Autrement dit, on nous explique que pour lutter contre des textes qu’on juge mauvais, il faut rejeter le traité qui les complète et les corrige. On vote non à cause de la troisième partie du traité constitutionnel et au bout du compte, que reste-til? La troisième partie! Quelle logique!

N. O. – Les adversaires du traité estiment que cette troisième partie, qui décrit des politiques, sera «gravée dans le marbre», que l’on ne pourra plus y toucher…

J. Delors. – Ni plus ni moins que les traités actuels. Pour réformer le traité de Nice, il faut l’unanimité des pays européens. Heureusement, d’ailleurs, parce que sinon la France pourrait se voir imposer des dispositions dont elle ne veut pas. Ce sera la même chose pour la Constitution: il faut l’unanimité pour la changer. Autrement dit, pour refuser une Constitution «gravée dans le marbre» on s’en tient à un traité également «gravé dans le marbre» mais moins satisfaisant. Où est la logique? J’ajoute que le traité qu’on nous propose présente des innovations importantes. Dans le traité de Nice, la France représente 9% des votes. Dans la Constitution, elle passe à 13,35%. Dans le traité de Nice, les six pays fondateurs détiennent 36% des voix. Dans la Constitution, ils pèseront 50%. Je crois que vous pouvez me faire le crédit de connaître un peu le fonctionnement de l’Europe. Je peux vous l’assurer: cela fait une grande différence! Ce qu’on «grave dans le marbre» en disant non, c’est la perte d’influence de la France et des pays fondateurs. Bravo! Deuxième point important: le nouveau traité
donne aux citoyens un droit de pétition…

N. O.
– …un droit théorique! Il faut un million de signatures et l’accord de la Commission pour que la pétition soit examinée…

J. Delors. – Vous vous êtes encore laissé intoxiquer! Mais enfin, faites un peu de politique, bon dieu! Vous croyez sans doute que si les syndicats européens se mobilisent contre une mesure inadmissible, on pourra refuser de les écouter? Ils comptent environ 60 millions de membres. Ils peuvent faire des pétitions énormes. Imaginez qu’ils exigent la réécriture de la directive Bolkestein. Imaginez qu’ils se mettent d’accord pour demander un salaire minimum européen (pas le même partout évidemment, mais une garantie minimale pour tous, adaptée au niveau de chaque pays). Vous pensez sérieusement que la Commission pourra mettre leur demande au panier? Nous sommes dans un espace démocratique. La démocratie, c’est la lutte! Pourquoi la gauche serait-elle battue d’avance? La Constitution nous donne des droits. A nous de les faire valoir.

N. O. – Beaucoup ne veulent pas une nouvelle fois voter avec Chirac. Ils disent que la confusion gauche-droite et l’unité des élites autour de l’Europe font le jeu du Front national.

J. Delors. – Mais pour ça, il y a des élections! Ne confondez surtout pas 2005 et 2007! S’il s’agit de sanctionner un pouvoir, de provoquer un changement de politique, de rejeter les élites, il faut le faire au moment de l’élection prévue pour cela: l’élection présidentielle, qui sera suivie d’une élection législative. Il y aura deux tours à chaque fois, toutes les nuances de l’opinion seront représentées. Le mécontentement, que je comprends très bien, aura toute possibilité de s’exprimer. Mais de grâce, ne prenez pas l’Europe comme bouc émissaire!

N. O.
– Beaucoup de partisans du non, à gauche notamment, se disent européens. Ils veulent seulement une Europe meilleure que celle qu’on leur promet dans cette Constitution…

J. Delors. – C’est vrai. Ils sont parfaitement respectables. Ils ont en quelque sorte une vocation européenne contrariée. Mais je leur dis solennellement: attention, on vous trompe! Dire non à la Constitution, c’est bloquer la marche de l’Union, c’est dire non à l’Europe. Il n’y a pas de plan B. Si la Constitution est rejetée, nous resterons avec le traité de Nice et une Europe plus libérale que celle de la Constitution, voilà tout.

N. O. – Mais s’il est interdit de voter non, pourquoi un référendum?

J. Delors. – Le référendum donne le pouvoir au peuple de refuser l’Europe que nous construisons depuis cinquante ans. C’est la moindre des choses en démocratie: l’Europe doit se construire avec le consentement des peuples. S’ils n’en veulent pas, ils doivent pouvoir le dire. Voilà pourquoi nous votons: au fond, pour donner aux souverainistes une nouvelle chance de faire prévaloir leur point de vue. C’est ainsi dans tous les pays d’Europe: la discussion oppose les souverainistes et les européens. Si l’on veut de l’Europe, on vote oui. Si l’on n’en veut pas, on vote non. C’est le vrai débat. Le «non européen», où cela nous mène-t-il? Si l’on veut «une autre Europe», on se bat à l’intérieur. Si l’on sort, c’est qu’on est contre l’Europe. Voilà le vrai choix démocratique. Chacun est libre de voter non. Mais chaque citoyen doit savoir qu’en votant non, il vote non à l’Europe.

N. O. – Pourquoi pas une renégociation?

J. Delors. – Mais c’est une chimère! Bien sûr qu’il reste bien des combats à mener. L’Europe à laquelle j’ai contribué comme président de la Commission était fondée sur trois principes: la compétition qui stimule, la coopération qui renforce, la solidarité qui unit. En matière de coopération, il reste beaucoup à faire, qu’il s’agisse de la politique économique, de la recherche ou des investissements dans les infrastructures. Nous pouvons et nous devons continuer le combat. Mais vous croyez que nous pourrons le continuer seuls après avoir dit non? Vous croyez qu’on pourra simplement refaire le traité à notre seule convenance? Mais si cela avait été possible, ce serait déjà fait! Il y a en Europe des ennemis puissants de l’intégration politique, à droite notamment. Ils ont accepté ce compromis parce que la France ainsi que la grande majorité des parlementaires européens l’ont demandé et que l’Allemagne et quelques autres pays l’ont voulu. Si la France dit non, ils sauteront sur l’occasion. Nous savons pertinemment que la Grande-Bretagne ne veut pas d’une Europe politique. Vous voyez bien qui se réjouirait de la défection de la France. Dans cette fâcheuse hypothèse, nous aurions un espace économique sans boussole et sans âme. Il faut se battre à l’intérieur, avec nos alliés. Pas à l’extérieur, seuls.

N. O. – Beaucoup de gens pensent que la Constitution légitime le dumping fiscal…

J. Delors. – Non. Là aussi, c’est une bataille. Le traité n’a pas tranché sur ce point. S’il avait décidé ce que vous dites, je serais contre! Les intégristes du libéralisme veulent qu’on ajoute à la concurrence entre les entreprises, sur les marchés, une compétition entre les nations. Là est le grand danger.

N. O. – C’est le moins-disant social, qui favorise les délocalisations…

J. Delors. – Oui. C’est un combat politique à mener: il faut renforcer le pilier économique face au pilier monétaire. Si l’on coordonne les politiques économiques, il faudra aussi coordonner les politiques fiscales. Le premier effort doit porter sur l’impôt sur les bénéfices. C’est là qu’il y a dumping. Pour l’instant, rien n’est fait dans ce domaine. Mais rien n’est interdit non plus. Si un pays veut consacrer 40% de son PIB aux dépenses publiques et un autre 60%, rien ne l’interdit. Rien.

N. O. – Mais celui qui consacre plus d’argent aux dépenses sociales sera handicapé…

J. Delors. – Pas forcément. Regardez le Danemark. Il a plus d’impôts que la France. Pourtant c’est un des pays qui marchent le mieux! Il y a 4% de chômeurs au Danemark. C’est aussi une question de dynamisme interne. Si la société est en mouvement, si l’économie est inventive et productive, s’il y a un réel dialogue social, la menace est conjurée. Et si nous avons besoin d’une coordination à l’échelle européenne, battons-nous! C’est déprimant de voir certains socialistes français renoncer, dire non et abdiquer, alors qu’ils n’ont que le mot «luttes» à la bouche. Je dis à mes amis, regardez tout ce que le mouvement ouvrier a obtenu depuis le XIXe siècle. Cela s’est fait pas à pas, selon la méthode socialdémocrate. Ce n’est pas la rupture. C’est le combat permanent. Rome ne s’est pas faite en un jour. L’Europe non plus. Battons-nous!

N. O. – En disant non, nous pouvons instaurer des sauvegardes contre le dumping social et les délocalisations

J. Delors.
– Vous voyez la France instaurer seule des protections douanières contre la Pologne, la Hongrie, la République tchèque? Nous serions le seul pays protectionniste en Europe. D’abord, il faudrait sortir du marché commun, c’est-à-dire dénoncer le traité de Rome. Un détail! Ensuite qui nous achèterait nos produits? L’agriculture française, par exemple, vend plus de la moitié de sa production à l’étranger grâce à la Politique agricole commune. Si nous mettons des barrières aux frontières de la France, vous croyez que les autres pays vont continuer d’accepter que 40% du budget européen aillent à l’agriculture?

N. O. – Certains estiment que l’Europe actuelle, à cause de sa politique monétaire notamment, bloque la croissance…

J. Delors. – La Constitution n’interdit en rien une avancée vers l’instauration d’un «gouvernement économique» tel que le réclame une grande partie des gauches européennes. Elle accroît le poids des gouvernements et du Parlement, c’est-à-dire le poids de la politique face au monétaire. C’est un premier pas. Mais l’essentiel n’est pas là: le sort de la France, à la fin des fins, est entre les mains des Français. L’Europe offre un cadre. S’agissant de la croissance et de l’emploi, elle ne résoudra pas les problèmes à la place des nations. Si des partisans du oui vous disent cela, ils mentent également. Aujourd’hui en Europe, il y a six pays dont le taux de chômage évolue entre 4% et 6% selon la conjoncture, alors que nous restons désespérément coincés au-dessus de 10% de chômeurs. Trois de ces pays sont en dehors de l’union monétaire, la Grande-Bretagne, le Danemark et la Suède, trois autres sont à l’intérieur, l’Irlande, les Pays-Bas et l’Autriche. Vous voyez bien que le facteur européen,
même s’il peut nous stimuler, n’est pas déterminant! L’Europe, ce n’est pas une assurance tous risques. Chacun à sa manière, ces pays ont fait les réformes qui leur permettent de s’adapter au monde qui est le nôtre et de conjurer la menace du chômage. Voilà le point essentiel. Si nous échouons dans ce domaine, nous devons nous en prendre à nos dirigeants et à nous-mêmes. Pas à l’Europe! Nous pouvons nous battre dans le cadre du nouveau traité, je l’ai montré. Il nous donne de nouveaux droits et il accroît le poids de la France.

N. O. – Pour certains, en disant non, en résistant, la France accroîtra son influence…

J. Delors.
– Quand la France a été à la tête de l’Europe, c’est parce qu’elle a exigé mais qu’elle a en même temps donné. Au tout début de la construction européenne et en premier lieu de l’Allemagne, la mise en commun de certaines ressources (la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier). Mais en échange, elle a donné son pardon (qui n’est pas l’oubli…). Quand Valéry Giscard d’Estaing a fait le système monétaire européen, il a exigé que les monnaies ne flottent pas totalement. En échange, il a accepté des disciplines communes. Quand Mitterrand a plaidé pour l’Union économique et monétaire, il a voulu que la monnaie française ne soit pas dans une zone Deutsche Mark à perpétuité. Mais il a aussi donné: les Français ont accepté l’indépendance de la Banque centrale européenne. Voilà deux personnalités très différentes, Giscard et Mitterrand. Elles ont exigé et donné en même temps. De même le chancelier Helmut Kohl: il avait contre lui 65% de la population qui ne
voulait pas abandonner le Deutsche Mark. Il a exigé une contrepartie politique, l’accroissement des pouvoirs du Parlement européen. Il a donné, il a exigé, et ainsi convaincu son opinion publique. Quand j’ai relancé l’Europe en 1985, il a aussi accepté que l’Allemagne paie davantage. Les grands hommes politiques ont toujours à la fois exigé et donné. C’est ce que nous demandons aujourd’hui aux Français. Donner et recevoir. L’Europe, ce n’est pas simplement une créance que l’on obtient, c’est aussi un don à l’histoire.


Propos recueillis par LAURENT JOFFRIN


(1) Le mot « social » ou « sociales » ou « sociaux » apparaît 89 fois sans compter la locution « Comité
économique et social » qui, elle, revient 52 fois

E. Chouard : un faux "méa culpa" ?


AVIS IMPORTANT: M. ETIENNE CHOUARD A FAIT SON MEA CULPA ET A AVOUE AVOIR COMMIS DES ERREURS D'APPRECIATIONS CONCERNANT LE TRAITE CONSTITUTIONNEL EUROPEEN...


NOUVEAUTE : Finalement M. Chouard qui reçoit divers soutiens (notamment de ceux qui l'avaient soutenu et qui eux, ne peuvent pas admettre leurs erreurs), revient sur ces arguments sans les réfuter ! Etrange revirement, non ?

lundi, 25 avril 2005

Vision bruxelloise

Voilà un commentaire intéressant et qui a le mérite de venir d'un autre Etat européen, la Belgique ; trouvé sur "Oui-et-Non.com" et sur le "blog de prodigy" (http://blogs.nofrag.com/Prodigy/2005/avr/) :

"Chers amis français,

J'entends ici ou là que la plupart d'entre vous s'apprêtent à voter non pour la ratification de la Constitution européenne. J'entends ici ou là qu'il y aurait des pressions en faveur du oui, qu'on voudrait considérer le oui pour acquis après l'avoir soumis à référendum : ceci est inadmissible et vous ne pouvez pas le laisser passer ; voter non le 29 mai est votre droit souverain le plus strict et ce serait vraiment jouer une mascarade de démocratie que de prétendre le contraire.

Cependant j'entends ici ou là d'autres choses, et je voudrais vous donner mon opinion là-dessus en tant qu'observateur depuis Bruxelles, cette bonne ville dont vous parlez tant en ce moment.

Votre droit et votre droit souverain le plus strict est de voter non le 29 mai. Certes : je le respecte, et je serais même prêt à le défendre avec vous s'il était menacé. En revanche, cela ne vous donne pas le droit de croire que vous allez imposer au reste des Européens dès le 30 mai vos façons de voir : merci bien, nous sommes capables de décider pour nous-mêmes, et vous ne vous rendez pas compte combien votre légendaire arrogance, qui se manifeste encore en cela, nous trouve fatigués !

Alors, je vous en prie :

Cessez de croire que l'Europe ne peut pas compter sans vous ! Nous sommes nombreux à vouloir d'une Europe politique plus intégrée et à penser qu'enfin après 50 ans, on est sur cette voie avec la Constitution : pourquoi ne trouverions-nous pas des moyens pour aller de l'avant (coopérations renforcées) en vous laissant à Nice si c'est ce que vous souhaitez ?

Cessez de croire qu'il vous suffit de parler pour que tout le monde se taise et que nous Belges, Allemands, Néerlandais, Luxembourgeois, Italiens allons toujours vous suivre aveuglément ! Si vous voulez dire merde à Chirac, ce que je peux comprendre, ne comptez pas ensuite nous l'envoyer en ambassade pour renégocier quelque chose qui ne tienne plus compte que de vos préférences nationales !

Cessez de croire que vous êtez les seuls à réfléchir pour tous en Europe ! Pourquoi serait-ce toujours vous qui avez raison ? Tous les syndicats européens sauf les français soutiennent cette constitution, les opposants les plus hargneux sont à droite en Angleterre, en Espagne, en République tchèque ou en Pologne, et vous voulez nous faire croire vous avez mieux compris que les autres la profonde portée libérale du texte : arrêtez de vous moquer de nous ! Regardez au-delà des frontières de votre hexagone !

Cessez de croire que l'Europe, c'est la projection de la France à plus grande échelle ! Ca a toujours été le réflexe français, depuis De Gaulle jusqu'à Chirac, et aujourd'hui les Français reprochent à la Constitution de ne pas ressembler encore assez à la Constitution française, c'est un comble !

Cessez de croire que la règle de la majorité, c'est bon quand vous en êtes, et mauvais quand vous n'en êtes pas !

Cessez de croire que les Belges sont idiots, les Polonais des blanc-becs, les Italiens des suppôts de Berlusconi, les Espagnols des gens qui n'ont pas le sens de la démocratie, et que par conséquent il n'est pas nécessaire de prendre en considération l'opinion de tous ces braves gens !

Cessez de croire que nous supporterons éternellement vos sautes d'humeur ! Vous avez voulu faire l'Europe de la défense, nous vous avons suivi, puis vous n'avez plus voulu, et l'Europe de la défense n'a plus bougé depuis 50 ans. Vous avez voulu faire un pacte de stabilité, nous vous avons suivis, et puis vous n'avez plus voulu en suivre les règles, et nous avons accepté, à contre-coeur, de les modifier. Vous voulez aujourd'hui nous faire le même coup avec la Constitution que vous avez voulue, que vous avez portée, et pour laquelle nous vous avons suivis avec enthousiasme : si vous n'en voulez plus, c'est votre droit, mais nous en avons assez que la politique européenne vive au rythme saccadé de la politique française !

Bref, je vous soutiens quand vous défendez votre droit à voter non le 29 mai ; pas quand vous prétendez imposer le 30 vos vues (quelles vues du reste ?) à vos "partenaires" européens, dont vous ne semblez vous souvenir que lorsque cela vous arrange !

Sur ce, je vous souhaite une bonne campagne !

nathanel, de Belgique"

A méditer ?

vendredi, 22 avril 2005

Lettre pour le "oui" en réponse à M. Chouard

Je vous laisse lire une nouvelle "lettre" très intéressante concernant les erreurs des arguments de M. Chouard ou de certains partisans du "non"... Elle est évidemment partisane (socialiste), mais les arguments usés me semblent tout à fait justes et bien justifiés en l'espèce.

Lettre de B. Rullier, délégué national aux institutions du Parti Socialiste

Introduction :

L’imposture « Etienne Chouard »
[et de certains partisans du « non », NDLR]

Bernard Rullier
Délégué national du parti socialiste aux institutions


Fausser le débat sur le traité constitutionnel avec des arguments qui contiennent des contresens et révèlent une méconnaissance du fonctionnement actuel de l’Europe n’est pas rendre service à la démocratie surtout lorsqu’on accuse médias et professeurs de droit de « priver les citoyens de débat public ». C’est pourtant l’exercice périlleux auquel s’est livré un enseignant d’un lycée de Marseille à travers un texte qui circule d’autant plus facilement sur internet qu’il est crédité de l’autorité et de l’expertise d’un « professeur de droit », qualité à laquelle l’auteur ne peut prétendre, et qu’il est cité dans la presse .
On peut même mettre la bonne foi en doute de celui qui affirme très rapidement que le traité constitutionnel, par ses références libérales, n’est pas neutre politiquement et dont la bibliographie, succincte, ne contient que des références hostiles au oui .
Il s’agit donc plutôt d’un nouvel argumentaire engagé, habile parce qu’il mêle le doute (« j’étais pour sans l’avoir lu, je ne dors plus depuis que je l’ai lu ») et se présente comme les réflexions d’un citoyen ordinaire (« je suis un humain de base, un ingénu »). Les cinq critiques qu’il présente sont fortement contestables. Plus grave, elles montrent que, indépendamment du débat sur la constitution, l’Europe reste une inconnue pour le grand public. Là réside sans doute la faillite de notre système éducatif et médiatique et l’une des explications des difficultés du oui.


Les mensonges d'ATTAC ?

Au vu de certains commentaires, il semble être difficile de s'opposer à ATTAC.
Le fait pour moi de dire que j'en ai été membre et que je suis extrêmement déçu par la tournure que prend le mouvement, est même retourné contre moi.
Je ne vois pas pourquoi. J'assume là où j'ai été, je l'énonce pour bien faire comprendre que je connais pas mal (du moins je crois) leurs méthodes.
Au départ, cette association m'inspirait un grand espoir et j'en attendais beaucoup, elle est devenue très sectaire et a perdu énormément de partisans. Ce qui est tout à fait logique quand on constate à quel point ATTAC manipule le peuple ou l'opinion. Ainsi, lorsqu'elle démonte un argument du "oui", elle le fait couramment en citant un article du traité... mais incomplet. Cela n'est pas tout (car il faut admettre que cette méthode est malheureusement usée de tous), le plus grave et qu'ATTAC affirme qu'une disposition n'existe pas dans le traité... alors même qu'elle se trouve dans la partie qu'elle a délibéremment tronqué... C'est un désastre pour le débat citoyen, pour l'honnêteté démocratique. ATTAC s'allie désormais à des meetings politiques de façon officielle et cherche peut-être à s'investir politiquement. Elle fait tout l'inverse de ce que beaucoup espérait qu'elle fasse : proposer des idées alternatives pour une société plus juste et plus démocratique, tout simplement.

Je vous laisse donc le soin de lire cette argumentation que j'écris contre celle (absolument honteuse) d'ATTAC:



ici au format word



REPONSE AU TRACT D’ATTAC

« 10 MENSONGES ET 5 BONIMENTS »




Le propos est ici de contester un tract de l’association ATTAC. Association qui se dit « d’éducation populaire », ce qui déjà, discrédite leur « bonne foi » lorsque l’on connaît concrètement la composition de son comité national et son fonctionnement…
Ce tract intitulé « Dix mensonges et cinq boniments » a l’ambition de faire apparaître tout ce qui dans l’argumentation des partisans du « oui » tend à discréditer la politique (mauvaise foi, contrevérités, amalgames).
En réalité, ATTAC confirme sa volonté à « s’acharner » sur partisans du « oui » (le tract les dénonce directement), et ne sert en rien la cause d’un débat démocratique honnête sur le traité constitutionnel européen en France.

1er mensonge
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne est une Constitution au sens classique du terme


La comparaison entre cette « constitution européenne » et une constitution classique d’un Etat comme la France n’a aucun sens.
Certes, ce traité prime sur le droit national (comme tous les traités européens précédents d’ailleurs) mais il ne fait que définir un cadre pour mener efficacement des politiques communes entre 25 Etats membres, dans les domaines de compétences de l’Union européenne (la politique macro-économique ou sociale notamment, sont laissées à la compétence des Etats).
Le traité est avant tout un outil qui permet de rendre l’Union européenne plus cohérente et effective.
A l’inverse de ce qui est avancé, il n’y a pas d’idéologie dans ce traité. La partie III parle, certes, du marché commun, mais simplement parce que l’Union européenne s’est bâtie sur ce marché. L’union politique découle de la CECA et de la CEE. Nous ne pouvons l’oublions ou le contester. C’était la volonté même des pères fondateurs que de passer par l’union économique pour aboutir à une union politique. Cette « constitution » nous en donne enfin l’occasion (cf. réponse ?).
En revanche, il est à noter que le traité - comme les précédents - reçoit de la Cour européenne de justice l'appellation de « charte constitutionnelle ». Tout d'abord, parce qu'il constitue le droit fondamental de l'Union, lequel est au sommet de la hiérarchie de l'ordre juridique européen. Ensuite, parce qu'il contient les règles constitutionnelles relatives à la délimitation des compétences entre l'UE et les États membres ainsi qu'à la répartition des pouvoirs entre les institutions européennes.


2ème mensonge
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne est
en recul par rapport aux traités précédents


Le plus grave dans ce mensonge est qu’il use de l’omission. Ainsi, l’argumentation d’ATTAC cite des articles du traité mais « oublie » certains passages. Ce qui évidemment rend sa démonstration plus aisée.

ATTAC nous dit que le traité ne mentionne plus, à son article I-3, « la cohésion économique et sociale et la solidarité entre les Etats membres ». Sans doute l’association a oublié de tourner la page… puisque cette phrase y est bien présente.

Etrangement aussi, ATTAC ne précise pas que les objectifs de l’Union énoncés au même article, sont à la fois plus nombreux mais aussi plus opérationnels qu’auparavant. Par exemple, il existe désormais l’objectif d’une « économie sociale de marché » (Article I-3.3).

Plus loin, l’association se garde bien de souligner que sont mentionnés « la lutte contre l’exclusion sociale et les discriminations, la promotion de la justice et de la protection sociale, l’égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité entre les générations » (Article I-3.3).
Tout comme elle oublie le fait que n’est plus mentionné dans les objectifs de l’Union « l’union économique et monétaire », ce qui ouvre la porte à une Europe plus politique.

Il y a plus grave encore. ATTAC affirme que le traité par son article III-314, donne la possibilité de libéraliser totalement les services sociaux et de santé publique. ATTAC laisse aussi entendre que les décisions dans ce domaine sont prises à la majorité qualifiée ce qui signifierait que la France ne dispose plus de droit de veto. C’est encore faux, car une fois de plus, l’association omet de mentionner l’article suivant (III-315) qui énonce que l’unanimité pour la négociation et la conclusion d’accords est requise concernant le domaine des services culturels et audiovisuels, des services sociaux, d’éducation et de santé. La France dispose donc toujours d’un droit de veto.


3ème mensonge
Pour ATTAC, l’Europe est encore plus ingouvernable avec le traité pour une Constitution européenne, celui-ci facilitant la toute puissance de la Commission


Ici, ATTAC s’efforce dans une longue argumentation bien complexe (qui traduit leur difficulté à prouver leur affirmation) de démontrer que la majorité simple n’existe plus dans le traité et qu’il sera de manière générale, plus difficile de voter des actes européens.
C’est tout simplement faux et d’ailleurs, personne n’avait jusqu’à présent soutenu une telle argumentation visant à faire croire que la prise de décision serait plus complexe alors même que l’un des objectifs de la Constitution est de faciliter cette prise de décision dans une Europe élargie !

En fait, le traité renforce la capacité décisionnelle du Conseil par rapport au traité de Nice, passant de 2% de coalitions possibles pour réunir une majorité qualifiée à environ 10%.
De plus, l’unanimité est désormais réservée à de rares domaines.

Enfin, concernant la majorité simple, bien que moins courante, elle existe toujours (articles III-208, III-217, III-338, III-341, III-344, III-345, III-346, III-347, III-349, III-351, III-428, IV-484).
A cela il faut ajouter la « clause passerelle » (Article IV-444) qui permet au Conseil européen statuant à l’unanimité d’autoriser le Conseil des ministres à statuer à la majorité qualifiée.


4ème mensonge
Pour ATTAC, les coopérations renforcées
sont plus difficiles à mettre en place


Ceci n’est pas exact. Certes, les coopérations renforcées sont assez strictement encadrées, mais le traité les étend largement, notamment sous une forme spécifique, à la défense.
Il est vrai que le seuil d’Etats membres requis est légèrement plus élevé, puisqu’il passe d’un chiffre définitivement fixé dans le traité de Nice à 8, à un seuil glissant d’un tiers (art. I-44.2), soit 9 Etats membres jusqu’à 27.
De plus, le renforcement des pouvoirs du Parlement européen fait que son approbation est désormais requise.

En revanche, le traité supprime la clause d’évocation au Conseil européen, ce qui constitue un assouplissement bienvenu.
Aussi, la possibilité grâce au traité de faire usage de la « clause passerelle » (permettant de passer de l’unanimité à la majorité qualifiée, ou d’une procédure législative spéciale à la procédure ordinaire, art. III-422) dans le cadre d’une coopération renforcée marque aussi un important progrès qui renforce l’intérêt et la souplesse d’une coopération éventuelle.
En matière pénale, un assouplissement de la procédure de déclenchement des coopérations renforcées est prévu en matière de rapprochement des législations pénales, si un Etat a fait usage de son droit de veto parce qu’il estime qu’un projet de loi-cadre porterait atteinte aux aspects fondamentaux de son système de justice pénale. Dans cette hypothèse, l’autorisation de créer une coopération renforcée est réputée accordée (sans qu’une proposition de la Commission, ni l’accord du Parlement européen ou un vote du Conseil ne soient nécessaires) pour adopter l’acte ainsi rejeté (le seuil d’un tiers des Etats membres restant requis). Cette clause est qualifiée d’ « accélérateur ».


5ème mensonge
Pour ATTAC, la Charte des droits fondamentaux ne crée pas
de nouveaux droits ni de nouvelles protections


C’est encore un mensonge. En faisant une comparaison simple entre la Charte des droits fondamentaux et la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des droits fondamentaux (CEDH) qui est à ce jour le catalogue de droits le plus protecteur au monde, on constate l’introduction de nouveaux droits notamment économiques et sociaux.
Ces nouveaux droits sont énoncés aux articles 1, 3, 8 et 9, 12 à 16, 18, 20 à 110 (excepté l’art. 48), soit une centaine de nouveaux droits.
Certes, il n’y a pas eu de reprise exacte de la Charte sociale de 1961 ; charte qui n’est ratifiée que par une minorité d’Etats membres ; mais le contenu des droits sociaux est substantiel.

La Charte consacre en effet des droits, tel que le droit à l’information et à la consultation des travailleurs, le droit de négociation, le droit de grève, le droit d’accès aux services de placements, la protection en cas de licenciement injustifié, le droit à des conditions de travail justes et équitables, le droit d’accès aux prestations de sécurité sociale, aux services sociaux et à l’aide au logement, ou encore l’accès aux services d’intérêt économique général (art. II-87 à II-96).
Cette reconnaissance d’un noyau dur de droits sociaux représente une avancée très importante pour l’Europe sociale.

ATTAC affirme aussi que le principe de concurrence libre et non faussée autorise des restrictions à l’exercice des droits fondamentaux. Evidemment c’est faux, et ATTAC omet de souligner que cela n’est possible qu’ « à condition que ces restrictions répondent effectivement à des objectifs d’intérêt général poursuivis par la Communauté et ne constituent pas, par rapport au but poursuivi, une intervention démesurée et intolérable, qui porterait atteinte à la substance même de ces droits » (CJCE, arrêt du 13 avril 2000, aff. C-292/97, repris par le traité). ATTAC n’indique pas non plus ce que la mention des intérêts généraux reconnus par l’Union couvre ; c’est-à-dire, les objectifs de l’Union européenne cités plus haut, et les articles I-5.1, III-133.3, III-154, III-436.

Plus bas, ATTAC fait des comparaisons entre la Charte et les Constitutions nationales des Etats membres, en avançant que celles-ci sont plus protectrices que la Charte. Or, d’une part c’est faux, d’autre part, quand bien même certains droits seraient mieux reconnus par une Constitution d’un Etat membre de l’Union, ces derniers sont de toute façon pris en compte par la Cour Européenne de Justice et la Cour Européenne des Droits de l’Homme (la jurisprudence le confirme et le traité l’énonce à son article II-112 : « les droits fondamentaux doivent être interprétés en harmonie avec les traditions constitutionnelles communes aux Etats membres ». Il n’y a donc aucun risque d’être moins bien protégé avec le traité constitutionnel).
Au contraire, désormais, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (que tout citoyen européen peut saisir) jugera les violations non seulement des droits de la CEDH mais aussi de ceux de la Charte.

Ainsi, l’Union européenne disposera de deux juridictions et de deux catalogues de droits. Pour la première fois, les institutions et organismes européens pourront être sanctionnées.


6ème mensonge
Pour ATTAC, les services publics ne seront pas mieux protégés


Autant il est vrai que l’article II-96 dont parle ATTAC ne crée pas véritablement de droit nouveau (toutefois, il pose le principe du respect par l’Union de l’accès aux services d’intérêt économique général tel qu’il est prévu par les dispositions nationales, dès lors que ces dispositions sont compatibles avec le droit de l’Union), autant l’article III-122 marque une grande innovation dont ne parle pas l’association. En effet, il instaure pour la première fois une base juridique spécifique pour les services d’intérêt économique général (SIEG). Cette création répond principalement à une demande formulée par la France et la Belgique.

Cela s’ajoute à l’article III-238 (qui cite explicitement « la notion de service public » concernant les aides publiques dans le secteur des transports), et à l’article III-166 (reprenant l’article 86-2 du Traité sur les Communautés européennes) qui énonce que l’accomplissement d’une mission de service public peut prévaloir sur l’application des règles européennes, y compris les règles relatives au marché intérieur et à la concurrence.

L’article III-122 souligne l’importance du respect du principe de subsidiarité en rappelant que l’Union et les Etats membres interviennent « chacun dans les limites de leurs compétences respectives et dans les limites du champ d’application de la Constitution européenne ». Qu’il s’agisse en effet des services publics locaux ou encore des services sociaux ou de santé, le traité constitutionnel européen laisse aux Etats membres la possibilité et la liberté de définir, d’organiser et de financer les services qu’ils qualifient de SIEG et qu’ils entendent fournir pour répondre aux besoins des citoyens, besoins qui peuvent d’ailleurs varier d’un pays à l’autre ou d’une région à l’autre en fonction des particularités culturelles ou géographiques.

Surtout, ce qu’ATTAC n’explique pas, c’est que les SIEG correspondent aux seuls services publics industriels et commerciaux en droit français, et que pour les autres, l’Union européenne n’interfère en rien ! Elle n’interfère en effet en rien dans l’organisation des services publics administratifs, qui demeurent de la seule compétence des Etats, qu’il s’agisse des services régaliens (défense, sécurité, justice, diplomatie) ou des services tels que l’éducation, la santé, la solidarité, la culture ou l’environnement.

ATTAC ne dit pas non plus que les services publics apparaissent de plus en plus comme un élément structurant du modèle social européen. La notion de service universel (service de base offert à tous sur l’ensemble du territoire de l’Union à des conditions tarifaires abordables et avec un niveau de qualité standard) est de plus en plus utilisée même dans le cadre de la libéralisation des réseaux européens (transports, télécommunication, etc.). Aussi, les SIEG participent pleinement à la réalisation des objectifs fixés dans le cadre de la stratégie de Lisbonne visant à faire de l’Union l’économie la plus compétitive au monde.
Enfin, l’opportunité d’adopter un cadre juridique européen transversal sur les SIEG et les services publics (proposition du Parti socialiste) passe par l’adoption du traité constitutionnel. Là encore, ATTAC ne le précise pas.


7ème mensonge
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne n’est pas neutre, il impose des orientations politiques


C’est tout à fait faux. Le traité constitutionnel européen ne préjuge en rien du type de politique (libérale, socialiste ou social-démocrate) qui sera suivie par l’Union dans son ensemble ou par chacun des Etats membres dans son cadre national.

Certes, le traité constitutionnel fait mention des « politiques et fonctionnements de l’Union ». Cela ne signifie pas que des politiques militaire, agricole et économique sont imposées comme ATTAC l’affirme !
Il est en revanche logique que certaines règles de base de cette Union d’Etats soient reprises tant que l’UE et ses habitants n’ont pas de véritable identité politique et juridique (Art. I-3.2 : « la concurrence libre et non faussée » existait déjà dans le traité de Rome de 1957 et cela n’a pas empêché les services publics de fonctionner correctement, en revanche, la mention d’une « économie sociale de marché » et la consécration des services d’intérêt économique général sont deux nouveautés).

De plus, nous ne pouvons « oublier » que l’UE s’est construite sur un marché commun, la CEE (Communauté économique européenne). Pour la première fois, un traité européen permet d’aller plus loin, vers une véritable union politique.
Ensuite, comme le disait dernièrement Jacques Delors, posons-nous la question « qui fait quoi ? Que disent les anciens et les nouveaux traités ? Et rappelons nous le principe de subsidiarité : chaque fois que l’on peut résoudre un problème près des gens eux-mêmes peuvent le faire, pourquoi monter plus haut, du niveau national au niveau européen ? »

Rien n’empêche aujourd’hui et rien n’empêchera demain, avec le traité constitutionnel, un gouvernement de mener une politique sociale selon ses propres orientations. Rappelons aussi que sont en premier lieu de la compétence nationale la politique macroéconomique, l’emploi, la santé, la sécurité sociale, l’éducation, la culture. A l’inverse de ce qui est présenté, la réalité est que le traité constitutionnel n’impose aucune uniformisation.
Il est donc tout à fait faux d’affirmer que le texte impose une politique économique donnée. Même à ce niveau, cela reste un cadre (c’est d’ailleurs un des rares points communs qu’a ce traité avec une constitution nationale classique).

La politique de l’Union sera « de droite » ou « de gauche » selon « la couleur politique » qui ressortira de l’élection au suffrage universel direct du Parlement européen et des élections nationales.
Sur les relations avec l’OTAN, le texte du traité constitutionnel (article I-41) est identique à celui du traité en vigueur actuellement (article 17 du traité sur l’Union européenne).
Pour les citoyens inquiets, il n’est pas inutile de rappeler que la présence de l’art 17 TUE n’a jamais empêché les Européens d’être autonomes à l’égard de la politique américaine. Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler que la France a contesté devant l’ONU le bien fondé de la politique américaine en Irak avant de s’opposer à l’intervention armée décidée par G. Bush. L’Union européenne en tant que telle est intervenue de manière autonome au Congo, sans compter ses missions civiles ou militaires, avec ou sans l’OTAN, en Bosnie-Herzégovine ou en Macédoine.


8ème mensonge
Pour ATTAC, la Banque Centrale Européenne est incontrôlable
et le traité pour une Constitution européenne
ne crée aucun contre-pouvoir


Ceci est faux. Le traité constitutionnel renforce considérablement la gouvernance économique de la zone euro, en dotant les Etats ayant adopté la monnaie unique d’une capacité décisionnelle autonome sur la plupart des sujets qui les concernent directement. Les Etats membres de la zone euro pourront désormais adopter seuls les mesures qui les intéressent directement, sans que les autres Etats ne prennent part au vote. Il y a un renforcement majeur de l’autonomie décisionnelle de la zone euro, y compris pour ce qui est de sa représentation externe (article III-196)
Concernant le protocole, il semble qu’ATTAC n’en ait saisi ni le sens ni la portée. Ce protocole n° 12 consacre l’existence de l’Eurogroupe, c’est-à-dire l’enceinte réunissant les ministres des finances des Etats membres de la zone euro. Cela fait partie des nombreuses mesures permettant de renforcer la gouvernance économique de la zone euro en créant une capacité décisionnelle autonome pour ses membres.
Le fait de prévoir par ce protocole l’élection d’un Président permanent pour deux ans et demie n’est pas rien. Car ce Président contribuera à renforcer la coordination des politiques économiques des pays de la zone euro et la représentation externe de l’UEM (Union économique et monétaire) au sein des institutions financières internationales (FMI et G7 en particulier).

Sur ce dernier point, il sera en concurrence avec le président de la BCE qui tend également à s’affirmer comme « M. Euro » et revendique l’exercice de la politique de change de la monnaie unique.
Le Président de l’Eurogroupe contribuera, en tout état de cause, à rééquilibrer le dialogue des Etats membres avec la BCE.


9ème mensonge
Pour ATTAC, avec le traité pour une Constitution européenne,
rien ne va changer en 2006


La Constitution entrera en vigueur le 1er novembre 2006. L’article IV-447 de la Constitution (p. 325 du texte français) fixe clairement cette date : le 1er novembre 2006 (soit deux ans exactement après la date de la signature à Rome).
Deux remarques cependant :
- Au cas où, à cette date, les 4/5 des États (c’est-à-dire 20 États) auraient ratifié mais 1/5 ou moins (c’est-à-dire 5 ou moins) « éprouveraient des difficultés à ratifier », le Conseil européen se saisirait de la question (p. 72 du texte des déclarations annexées à la Constitution).
- Certaines dispositions des traités ne seront pas applicables immédiatement, mais simplement pour des raisons de calendrier : ainsi la diminution du nombre de membres de la Commission (de 25 à 2/3 du nombre des États soit 17 pour l’Europe à 25 ou 19 pour l’Europe à 28) ne s’appliquera qu'à la fin du mandat de la Commission qui suivra la Commission Barroso (soit, en principe, à partir de 2014).

En fait, à l’inverse de ce que affirme ATTAC, seules les dispositions relatives à la majorité qualifiée et à la composition de la Commission ont une entrée en vigueur différée, respectivement en 2009 et 2014.
ATTAC met en avant une entrée en vigueur tardive du traité pour relativiser la gravité d’un échec éventuel de la ratification.
Mais en réalité, la grande majorité des dispositions du traité entreront bel et bien en vigueur fin 2006.


10ème mensonge
Pour ATTAC, les syndicats et les socialistes européens ne soutiennent pas le traité pour une Constitution européenne


C’est toujours faux. ATTAC souligne le fait que l’UNICE, syndicat de chefs d’entreprise européens, est favorable au traité. Le discours d’ATTAC donnerait à penser qu’il ne s’agit finalement que de quelques originaux ou « dirigeants » concernant les partisans syndicalistes du « oui ». Que ces derniers sont des traîtres à la cause des travailleurs, vendus aux capitalistes, et dont les prises de positions sont marginales.

En fait de minorité négligeable, les syndicats dont il s’agit regroupent au total…soixante millions de personnes ! Certes, tous ne sont pas partisans du « oui » mais leur très large majorité l’est. Ces millions de salariés qui voient dans le projet de Constitution européenne un outil leur permettant d’avancer vers plus d’Europe sociale, sont-ils inconscients de leurs propres intérêts, manipulés par le patronat, ou simplement persuadés de l’intérêt du dialogue social au niveau international ? Il suffit de se pencher sur l’évolution des relations industrielles en Europe pour se rendre compte que toute réponse simpliste renvoyant la construction européenne à un projet capitaliste antinomique de tout progrès social est une caricature.

La Confédération européenne des syndicats (CES) se prononcent en faveur du traité mais qu’est-ce que la CES ? La Confédération européenne des syndicats (CES) a été créée en 1973 en vue d’offrir un contrepoids syndical aux forces économiques d’intégration européenne. A l’heure actuelle, la CES regroupe 74 organisations membres de 34 pays européens, ainsi que 11 fédérations syndicales européennes, soit au total 60 millions de membres. D’autres structures syndicales tels que Eurocadres (Conseil des cadres européens) et la FERPA (Fédération européenne des retraités et personnes âgées) opèrent sous l’égide de la CES. Celle-ci coordonne en outre les activités de 39 CSI (Conseils syndicaux interrégionaux), qui organisent la coopération syndicale au niveau transfrontalier. En ce qui concerne les organisations françaises, la CFDT, la CGT, FO et la CFTC en sont membres. La CES est reconnue par l’Union européenne, par le Conseil de l’Europe et par l’Association européenne de libre échange (AELE) en tant qu’unique organisation syndicale inter-professionnelle représentative au niveau européen .
La CES s’est prononcée pour le « oui » une première fois lors de son Comité Directeur du 13 juillet 2004, puis lors de son Comité Exécutif des 13 et 14 octobre 2004. John Monks, Secrétaire Général de la CES a exprimé son soutien au Traité constitutionnel et à sa ratification partout en Europe. Il a en particulier salué l’Article I-48, qui reconnaît le rôle des partenaires sociaux au niveau européen et qui prend en compte respectivement la diversité des relations sociales nationales et l’autonomie du dialogue social.
Concernant les jeunes socialistes français et européens, il n’est pas honnête de dire qu’ils s’opposent au traité en ne citant qu’une seule de leur déclaration. Ils sont divisés entre le « oui » et le « non » et de ce fait, ne font pas campagne.
Concernant les socialistes et sociaux-démocrates européens, ils ont exprimé à l'unanimité le 8 avril dernier qu’ils soutenaient à 100 % l'engagement du PS en France pour le « oui». 191 députés socialistes ont appuyé cette ligne, un parlementaire suédois s'y est opposé et il y a eu 10 abstentions, celles de députés français.



1er boniment
Pour ATTAC, le vote OUI provoquerait une crise très grave,
le vote NON n’en provoquerait pas

Les propos d’ATTAC sont confus. On peut ainsi lire que « le rejet du traité n’entraînerait pas de crise » puis, quelques lignes plus loin, que « cette crise aurait le mérite d’obliger à poser la question des fondements de la construction européenne. »
Alors ? Crise ou pas crise ?
Le refus, exprimé par le peuple français, de ratifier le traité pour une Constitution européenne, ne constituerait pas, effectivement, une crise insoluble. Il faut également reconnaître que l’Union européenne a déjà connu un certain nombre de remises en question. Mais il est malhonnête de prétendre qu’un NON français n’aurait aucun effet négatif. ATTAC reconnaît d’ailleurs qu’il « serait mensonger de prétendre que le rejet de la constitution européenne par le peuple français serait sans conséquence politique. »
De quelles conséquences s’agit-il ?
En termes institutionnels, un NON français aurait pour conséquence première le maintien du Traité de Nice qui, contrairement à ce qu’affirme ATTAC, n’organise pas un fonctionnement « parfois plus facile » des institutions communautaires. Bien au contraire.
En termes politiques, un NON français nous marginaliserait durablement au sein des institutions européennes (ce que les membres d’ATTAC parviennent difficilement à cacher lorsqu’ils écrivent que « les institutions européennes se verraient désavouées par le peuple français. »). Un NON français signifierait un retour au statu quo de Nice. La mort politique du traité pour une Constitution européenne, sans qu’aucune alternative tangible ne puisse être proposée. Une phase de renégociations difficiles et hasardeuses, qui risque de bloquer la construction européenne pendant plusieurs années.

Alors, c’est vrai, le vote NON ne provoquerait pas une crise très grave. Mais il entraînerait une régression certaine et durable, à la fois sur le plan politique et à l’échelle sociale, et nous ôterait les moyens d’y remédier.

L’argumentation d’ATTAC renverse la problématique en tentant de montrer que c’est le OUI au référendum qui est porteur de crise et le NON qui garantit la sécurité. Cette argumentation est fausse et joue avec la peur du lecteur. Deux exemples sont significatifs.

• « Le fait d’enfermer 25 peuples dans le carcan de cette constitution pourrait avoir des conséquences [très] graves. » De quel carcan parle-t-on ? De la révision du traité constitutionnel à l’unanimité, régime en vigueur depuis l’origine de la construction européenne, et qui n’a pas empêché la révision de plus en plus fréquente des derniers traités (voir réponse au boniment n°4) ? Si les peuples courent le risque de s’enfermer dans un carcan, c’est plutôt dans un carcan politique, en se mettant délibérément hors-jeu, en se liant les mains, en s’interdisant de pouvoir jouer un rôle quelconque au sein des institutions communautaires.

• « Pire encore, en faisant de la concurrence l’alpha et l’oméga de la construction européenne, on met en concurrence les États et leurs modes de vie. La directive Bolkestein illustre à merveille la conception libérale de l’harmonisation européenne. » D’une part, l’intervention du Conseil et du Parlement européens ont récemment suspendu la mise en application de la directive Bolkestein, précisément au nom de la défense des acquis sociaux. D’autre part, le traité pour une Constitution européenne instaure un certain nombre de garanties qui nous protégeront à l’avenir des lois-cadres de type Bolkestein (voir Réponse au boniment n°3).


2ème boniment
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne ne permettra pas à l’Europe de disposer d’une politique étrangère


Contrairement à ce que semble avancer ATTAC, le but du Ministre des Affaires Étrangères de l’Union Européenne n’est ni de « faire son trou », ni d’ « imposer sa domination aux 25 chefs d’États européens. » La diplomatie, qui assurément n’est pas l’activité principale d’ATTAC, ne saurait d’ailleurs se résoudre à la « domination » d’une personne sur 25 États. Il s’agit plutôt de rechercher le consensus entre des positions diplomatiques parfois divergentes.

Ce sont précisément les difficultés rencontrées par la diplomatie européenne lors des conflits récents (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Irak notamment) qui ont amené les conventionnels à proposer une politique étrangère commune plus forte, basée essentiellement sur la création du poste de Ministre des Affaires Étrangères de l’Union européenne, qui se substitue au Haut Représentant pour la PESC et au Commissaire chargé des relations extérieures .

Contrairement à ce qu’affirme ATTAC, le Ministre des Affaires Étrangères n’aura pas « qu’un titre plus ronflant » (encore que cette dernière analyse demande à être vérifiée), mais il disposera véritablement de plus de pouvoirs.

- représentation de l’Union pour les matières relevant de la PESC , ainsi que dans les instances internationales , missions auparavant dévolues à la Présidence du Conseil européen
- conduite du dialogue politique de l’Union avec les pays tiers2, mission auparavant dévolue à la Présidence du Conseil européen
- droit d’initiative en matière politique étrangère – la Commission ne peut donc plus saisir seule le Conseil en la matière
- nomination des représentants spéciaux (article III-302)
- vice-présidence de la Commission Européenne (article I-28)

L’argumentation d’ATTAC, qui vise à minimiser les pouvoirs du futur Ministre des Affaires Étrangères de l’Union européenne, est incomplète, donc fausse. En effet, l’article III-300, qui reconduit effectivement le principe du vote à l’unanimité pour les décisions en matière de politique étrangère, n’est pas cité dans sa totalité. Or, les membres d’ATTAC auraient gagné à poursuivre leur lecture un peu plus avant dans l’article III-300, celui-ci établissant un certain nombre d’exceptions au vote à l’unanimité. Ainsi le vote à la majorité qualifiée suffit-il lorsqu’il s’agit de l’adoption d’une décision européenne prise sur la proposition du Ministre des Affaires Étrangères à la suite d’une demande spécifique du Conseil européen (article III-300, 2).


3ème boniment
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne n’empêche pas les directives de type « Bolkestein »


Le traité pour une Constitution européenne comporte un certain nombre de garanties contre des dérives libérales inacceptables, comme la directive Bolkestein.
D’une part, il offre des garanties sociales, en matière de droits fondamentaux.
À cet égard, il est faux, et même aberrant, de prétendre, comme le fait ATTAC, que « toutes les garanties qui seraient dans la Constitution sont déjà dans le traité de Nice ou dans la Charte des droits fondamentaux. »
L’un des apports principaux du traité pour une Constitution européenne est précisément d’intégrer, dans le corpus juridique européen, la Charte des droits fondamentaux, qui, dans le système actuel, n’a aucune valeur contraignante sur le plan juridique. Au final, le Traité pour une Constitution européenne comporte, avec la Charte des droits fondamentaux, un ensemble de droits plus étendu que la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales (CEDH).
La reconnaissance explicite de ces nouveaux droits (partie II du traité), ainsi que les objectifs politiques de l’Union (partie I du traité) s’opposent notamment à l’esprit de la directive Bolkestein.
Ainsi, le traité précise que « l’Union œuvre pour…une économie sociale de marché qui tend au plein emploi et au progrès social… un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement…Elle promeut la justice et la protection sociales ».

La partie III elle-même, qui est dénoncée par les membres d’ATTAC comme étant un recueil de politiques libérales, reconnaît, en matière de marché intérieur (en ce qui concerne notamment la libre circulation des services, objet de la proposition Bolkestein) que la Commission, dans ses propositions en matière de santé, de sécurité, de protection de l’environnement et de protection des consommateurs, « prend pour base un niveau de protection élevé ».
Or aucun niveau élevé n’est spécifié dans Bolkestein, puisque cette proposition affirme la seule application du principe du pays d’origine sans rapprochement, ni harmonisation des législations des Etats membres.

L’article III-209 apporte une garantie ultime contre des textes de type Bolkestein : « L’Union et ses Etats, conscients des droits sociaux fondamentaux (définis dans la partie II du traité)… ont pour objectifs la promotion de l’emploi, l’amélioration des conditions de vie et de travail, permettant leur égalisation dans le progrès, une protection sociale adéquate, le dialogue social, le développement des ressources humaines permettant un niveau d’emploi élevé et durable…Ils estiment qu’une telle évolution résultera tant du fonctionnement du marché intérieur qui favorisera l’harmonisation des systèmes sociaux que des procédures prévues par la Constitution et du rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des Etats membres ».

Par ailleurs, le traité comporte une clause sociale générale : « dans la définition et la mise en œuvre des politiques visées à la présente partie [partie III], l’Union prend en compte les exigences liées à la promotion d’un niveau d’emploi élevé, à la garantie d’une protection sociale adéquate, à la lutte contre l’exclusion sociale ainsi qu’à un niveau élevé d’éducation, de formation et de protection de la santé humaine ». La dimension sociale devra ainsi être prise en compte dans toutes les politiques de l’Union. Toute loi européenne qui serait contraire à ces objectifs pourra être annulée par la Cour de Justice des Communautés Européennes.

Enfin, le traité pour une Constitution européenne met en place un mécanisme de contrôle de la Commission par les Parlements nationaux au nom du principe de subsidiarité. Ainsi, dans le Traité constitutionnel (Protocole additionnel n°2), un Parlement national estimant qu’un projet d’acte législatif européen met en cause le principe de subsidiarité, en intervenant dans un domaine de la compétence des Etats-membres, peut adresser aux institutions européennes un avis motivé qui, s’il est soutenu par un tiers des parlements nationaux, entraîne le ré-examen obligatoire du projet législatif . « Ce seuil est d’un quart lorsqu’il s’agit d’une projet d’acte législatif européen relatif à l’espace de liberté, de sécurité et de justice . »
Dans le case d’un projet législatif comparable à la directive Bolkestein, les Parlements nationaux pourraient ainsi contraindre la Commission à revoir sur le fond l’acte législatif, en invoquant la méconnaissance du principe de subsidiarité par des clauses de type « principe du pays d’origine » (les réglementations sociales restant de la compétence des États-membres).


4ème boniment
Pour ATTAC, le traité pour une Constitution européenne
empêche toute évolution de l’Europe


Pour ATTAC, l’hypothèse d’une révision du traité pour une Constitution européenne est très discutable, pour plusieurs raisons :
- « pour modifier la Constitution, il faudrait (avec le nouveau traité) respecter des règles précises fixées par la Constitution elle-même. » Ce principe prévaut actuellement pour la révision des Constitutions de tous les Etats démocratiques. Que souhaite ATTAC ? Pouvoir modifier une Constitution sur la base de règles qui n’y figurent pas ?
- « A toutes les étapes (de la procédure de révision), il faut ajouter la ratification par l’ensemble des Etats membres. » C’est faux. Les propositions de révision, qui peuvent émaner de tout Etat membre, du Parlement européen et de la Commission européenne (article IV-443), ne requièrent pas la ratification par l’ensemble des Etats membres. Pas plus que l’examen par le Conseil européen de ces propositions de révision, la convocation éventuelle d’une convention ou d’une conférence intergouvernementale, et l’adoption d’une position commune par cette convention. Le dernier mot revient effectivement aux Etats membres, qui doivent ratifier la modification de révision, par voie parlementaire ou référendaire.
En tout état de cause, ATTAC tente de montrer, en vain, que le traité pour une Constitution européenne sera scellé dans le marbre, qu’il ne pourra pas être révisé. Cette argumentation est simpliste, dans la mesure où elle fait l’impasse sur la réalité politique de la construction européenne.
Qu’observe-t-on dans ce domaine ? D’une part, le principe de l’unanimité a prévalu, depuis les origines de la construction européenne, à chaque fois qu’il s’est agi de réviser un traité. D’autre part, la Communauté, puis l’Union européenne s’est sans cesse élargie, passant de 6 membres en 1957 à 25 membres aujourd’hui.
A la croisée de ces deux chemins, l’Histoire européenne montre que plus les États membres ont été nombreux, plus les révisions des traités ont été fréquentes. Ainsi les révisions se concentrent-elles pour la plupart au cours de ces dernières années, alors même que l’Europe comptait de plus en plus de membres :
- 1957 traité de Rome – Europe à 6
- 1986 Acte unique – Europe à 12
- 1992 traité de Maastricht – Europe à 12
- 1997 traité d’Amsterdam – Europe à 15
- 2000 traité de Nice – Europe à 15

L’élargissement de l’Union européenne n’est donc pas un obstacle politique à la révision des traités à l’unanimité.
Le même raisonnement peut être tenu concernant les coopérations renforcées (article I-44) et les procédures de révision simplifiée, également appelées « clauses passerelles » (articles IV-444 et IV-445). Ces dispositions, qui permettent aux Etats qui le souhaitent d’avancer ensemble, dans certains domaines, plus loin que ne le fait l’Union (avec notamment le remplacement de la procédure de vote. à l’unanimité par le vote à la majorité qualifiée), comportent effectivement un certain nombre d’obstacles juridiques à franchir pour être mises en application. Mais la logique politique doit également être prise en considération. Imagine-t-on demain un seul pays s’opposer à neuf Etats ayant formulé devant le Conseil européen le désir de mettre en œuvre des coopérations renforcées en matière de fiscalité ? L’Union européenne se construit sur la base de négociations, de rapports de force. Il est incomplet de s’arrêter à la lettre des traités, passés, actuels et à venir, pour présager des politiques qui seront menées.
En ce sens, nous sommes en droit d’attendre une Europe sociale. Rien ne l’interdit dans le traité pour une Constitution européenne.


5ème boniment
Pour ATTAC, l’Europe va disposer d’une défense commune
dépendante des Etats-Unis


ATTAC compare l’article I-47 du traité pour une Constitution européenne et l’article 17-4 du traité de Nice pour mettre en évidence un recul dans la construction d’une Europe de la défense. Cette comparaison n’est pas bonne, car les deux articles ne se correspondent pas exactement.
En effet, si l’article I-47 du traité pour une Constitution européenne stipule que « les engagements et la coopération dans ce domaine [la politique européenne de sécurité et de défense] demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre », cet article fait référence à une nouvelle disposition du traité constitutionnel, indépendante de la définition des rapports de l’Union Européenne avec l’OTAN, qui porte sur une clause de défense collective, dans « le cas où un Etat membre serait l’objet d’une attaque armée sur son territoire » (ex article I-41-7-§7).
A l’évidence, un Etat membre de l’Union et de l’OTAN, s’il était attaqué pourrait bénéficier de l’assistance collective de l’Union et de l’OTAN, dans le respect de la Charte des nations Unies.

L’Union a toujours reconnu l’appartenance légitime de la majorité de ses membres à l’OTAN (19 sur 25, y compris la France). Le traité de Nice actuellement en vigueur dispose ainsi que « la politique de l'Union au sens du présent article n'affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre . »
Le traité pour une Constitution européenne n’est donc pas « en recul par rapport à la formulation du traité de Nice ». Au contraire, il définit les bases d’une politique européenne de défense :

- élargissement du champ d’application de la politique de défense
- possibilité, pour les États-membres qui le souhaitent, de former des coopérations renforcées dans le domaine de la défense
- création d’un Ministre des Affaires Étrangères de l’Union Européenne (cf. réponse au boniment n°2)
- mise en place d’une clause de solidarité antiterroriste

Différents résumés

Voilà 3 résumés du texte dont 2 officiels :

Résumé le plus court (officiel)

Résumé synthétique (officiel)

Résumé (non officiel, ifri)

Le traité constitutionnel européen, ses protocoles, ses déclarations

Au vu de certains commentaires, le texte du traité ne semble pas être visible sur le blog, pourtant, il y est depuis le début dans la catégorie "s'informer librement" et "sur le traité".
Qu'importe, je le mets à disposition dans une catégorie propre.
Merci.

Le texte intégral du traité constitutionnel européen

Protocoles et annexes (trop lourd -images présentes-, donc cliquez sur le lien suivant) :

http://www.europa.eu.int/constitution/download/protocols_...

acte_final.pdf

Déclarations

Quels raisons pour le "non" ?

Je m'allie à cette lettre que j'ai reçu anonymement et qui est très intéressante :
N.B.: Je précise que cette lettre vise un certains nombre de partisans du "non". Seulement "un certains nombre", et non l'ensemble de ces partisans. Merci de n'y voir aussi aucun manque de respect pour ce "certain nombre".

"j'aimerais bien savoir si un seul d'entre vous vote parce qu'il est contre le texte ou parce qu'il est contre la politique (désastreuses, affligeante) de raffarin.
c'est chouette d'être du coté des "méchants" qui sont tout le temps punis par TF1 et Le Monde (deux médias qui se passent par ailleurs de trop de commentaires)...
C'est évident que quand j'entends Sellière dire qu'il vote OUI comme JM Sylvestre ça me donnerait presqu'envie de voter NON... mais je me garde d'amalgamer tout, comme je me garde de croire que tous les NON sont lepenistes... j'aimerais savoir si le meilleur argument du NON n'est pas que les OUI sont tellement mauvais qu'ils l'empêchent de faire campagne.
Genre... On a pas le droit de parler, donc on est pas du coté des puissants, donc les puissants nous craignent donc je vote NON parce que c'est le bon coté... le coté des gentils, du monde diplo (une institution sacrée selon moi), ...
En fait je pense que si le OUI avait laissé le NON s'exprimer (et si Hollande, incarnation de la mollesse, n'avait pas oublié de s'opposer à l'un des pires gouvernement qui soit) le NON serait péniblement à 40 %...
Mais là, il est romantique le NON, c'est la revanche sur Maastricht (que ça n'ait rien à voir importe peu), c'est être contre Chirac... bon c'est faire le jeu de Sarko mais il faut prendre des risques... C'est dire Merde aux socialos mous (comme je comprends)...
Mais j'aimerais comprendre sur le fond ce qui le fonde parce que les arguments (type chouard [qui d'ailleurs a fait son méa culpa]) ne tiennent souvent pas la route...
bien à vous tous !"

jeudi, 21 avril 2005

Tous les arguments qui réfutent ceux de M. Chouard

Sans doute la connaissez-vous déjà...

Une argumentation qui désormais fait le tour des adresses e-mails ou qui se diffuse par voix de tracts.
Celle d'Etienne Chouard, professeur d'informatique, d'économie et de droit dans une formation de technicien supérieur dans un lycée de Marseille (ville exceptionnelle par ailleurs).


Je tiens à lui répondre point par point. Je l'ai déjà fait il y une quinzaine de jours, lui ai envoyé ma contre-argumentation (3 fois) mais je n'ai eu aucune réponse jusqu'à présent.
(N.B.: le point 5 n'ayant guère d'intérêt et étant repris dans mes autres point, il n'est pas traité qpécifiquement, merci)

Tout d'abord, il me faut avouer que l'argumentation de M. Chouard est parfois (je dis bien "parfois") de bonne qualité mais que le côté "auto-justification" et "innocent" de M. Chouard me gêne.

En effet, tout au long de son argumentation (qui se trouve sur son site, à côté de ses photos de famille, ou de sa passion: le parapente), il rappelle qu'il est "professeur de droit", qu'ainsi il se doit de déclarer ce qu'il pense à ses élèves et à ses concitoyens.

Il rappelle aussi qu'il est parfaitement indépendant, qu'il n'a aucune proximité avec un parti, un syndicat ou une association.

Enfin, M. Chouard souligne qu'il a soit-disant "lu plus de livres et d'arguments pour le oui que pour le non" et qu'il votera "quand même non".

Je considère que cette façon de souligner d'innombrables fois son objectivité, son impartialité, sa qualité de juriste, et sa connaissance des arguments du "oui" pour juger de la "Constitution" est en réalité une manipulation pure et simple de ses lecteurs.

Car M. Chouard peut bien penser ce qu'il veut sur le Traité, mais il n'a pas à se considérer comme meilleure juge du texte que n'importe quel citoyen.

Et c'est pourtant bien ce qu'il fait de manière très subtile et déguisée, en se faisant passer pour quelqu'un de simple, innocent, impartial, objectif, connaisseur et juriste et qui "pourtant", considère ce texte comme la porte vers la "tyrannie" (c'est le mot qu'il emploie) !

De nombreux citoyens qui ne connaissent pas bien le traité, en lisant cette argumentation, peuvent porter une totale confiance dans le jugement de M. Chouard et finalement désire voter "non" sans avoir lu ou écouter les partisans du "oui" (puisque M. Chouard dit, de manière subtile, les avoir lu pour eux!).

Or, et c'est là que c'est grave, M. Chouard déforme souvent le Traité, ment à son propos, commet des erreurs juridiques incontestables.


Ainsi, je tiens à lui répondre point par point une nouvelle fois:
(entre guillemets et en italique, la synthèse réelle de ses arguments principaux)

"1. Une Constitution doit être lisible pour permettre un vote populaire : ce texte-là est illisible. . Cette longueur interdit la critique . Il faut évidemment lire et comprendre ce que l'on signe. Ou bien, on refuse de signer . Une Constitution est la loi fondamentale, elle doit pouvoir être lue par tous, pour être approuvée ou rejetée en connaissance de cause."


Réponse :

D'une part, lorsque M. Chouard nous parle dans son argumentation détaillée, de 848 pages A4 de Constitution, n'est-ce pas un gros mensonge? Puisque sans les annexes et protocoles (qui sont longs mais qui reprennent 50 années de construction communautaire!), le traité tient en 28 pages format journal! (tout le monde l'a constaté puisque de nombreux périodiques l'ont ainsi publié). Et si l'on prend uniquement ce qu'il y a de nouveau dans le traité constitutionnel (la partie 3 étant la reprise des traités antérieurs), il tient en quelques pages!
Et combien même, il peut paraître long, n'oublions pas que ce texte est un consensus entre 25 Etats.
S'il rentre parfois dans le détail c'est parce que personne ne voulait "se faire avoir" par une rédaction trop générale (ainsi les français ont insisté pour garder les objectifs de la PAC dans le traité constitutionnel) et parce que chacun tenait à ce que ses préoccupations soient prises en compte (c'est pourquoi il y a des dispositions qui peuvent sembler étonnantes pour certains européens, sur les DOM-TOM ou l'élevage de rennes en Finlande!)

D’autre part, il faut rappeler la nature exacte de ce texte : Il est vrai que sa force est contraignante et prime sur tout droit national mais dans les seuls domaines relevant de l’Union européenne (d'ailleurs M. Chouard affirme qu'un simple réglement européen sera supérieur à la "Constitution" européenne, c'est faux, car les normes européennes l'emportent sur les normes nationales mais de même valeur, or un réglement n'a pas la même valeur qu'une constitution; M. Chouard oublie la hiérarchie des normes...).

Puis, la suprématie du droit communautaire existe depuis longtemps (cf. arrêt Cour de Cassation « Jacques Vabre en 1975, arrêt « Nicolo » en 1989 du Conseil d'Etat et récentes décisions du Conseil constitutionnel), et c’est le cas actuellement avec le Traité de Nice en vigueur. Concrètement, il n’y a pas de comparaison à faire entre l’UE et ce traité constitutionnel, et un Etat et sa Constitution puisque l’UE n’est pas un Etat.
Il peut donc sembler logique que ce soit encore un traité (texte qui ne peut être « court ») qui gère cette union « toujours plus étroite » entre les Etats membres.

De plus, ce Traité constitutionnel européen (TCE) est écrit de manière assez démocratique, puisqu’écrit par une Convention, réunissant 1 président (centriste), 2 vices-présidents (socialistes), des parlementaires européens (16 représentants), des parlementaires nationaux (56 représentants), des membres des gouvernements (28) et de la Commission (2).

Le terme « Constitution » est employé pour donner une valeur symbolique et politique, pour unir les peuples européens. D’autre part, il est vrai que ce texte doit être lisible puisqu’il aura des conséquences pour chaque citoyen.
Mais la simple reprise de l’acquis communautaire (les traités précédents) ne rend pas simple cette simplification. Cela serait différent si l’on établissait une « vraie » Constitution d’un « Etat européen ».
L’Union n’est pas un « Etat ».

Il ne faut donc pas tout confondre ni faire d’amalgame facile.


"2. Une Constitution doit être politiquement neutre : ce texte-là est partisan. .En imposant dans toutes ses parties (I, II et surtout III) des contraintes et références libérales, ce texte n'est pas neutre politiquement, il impose pour toujours des choix de politique économique ; . Ce texte infantilise les citoyens d'Europe : il nous prive tous de l'intérêt de réfléchir à des alternatives. À quoi bon continuer le débat politique, en effet, puisque toute alternative réelle est expressément interdite dans le texte suprême ?"


Réponse :

La partie III n’est qu’une simple reprise de tout ce qui existe déjà dans les traités déjà en vigueur.

Il est vrai qu’une Constitution nationale doit être neutre, mais rappelons que la construction européenne est unique et sans précédent. Elle ne peut être comparée aux systèmes institutionnels et juridiques nationaux.
Elle s’est fondée (pour se constituer) sur une union économique, la CEE. Nous ne pouvons l’oublier.

Il est donc logique que les règles de base de cette union soient reprises tant que l’UE et ses habitants n’ont pas de véritable identité politique et culturelle (« la concurrence libre et non faussée » existait déjà dans le traité de Rome de 1957 et cela n’a pas empêché les services publics de fonctionner, cela ne les empêchera toujours pas si les gouvernants le veulent).

Ensuite posons-nous la question « qui fait quoi ? », « que disent les anciens et les nouveaux traités ? » et rappelons nous le principe de subsidiarité : chaque fois que l’on peut résoudre un problème près des gens eux-mêmes peuvent le faire, pourquoi monter plus haut, du niveau national au niveau européen ?
Et d’ailleurs qui empêche aujourd’hui et qui empêchera demain avec le traité constitutionnel (peut-être) un gouvernement de mener sa politique sociale selon ses orientations ?

Rappelons aussi que sont en premier lieu de la compétence nationale la politique macroéconomique, l’emploi, la santé, la sécurité sociale, l’éducation, la culture.
Le traité constitutionnel n’impose pas l’uniformisation.

Ensuite, il est faux d’affirmer que le texte impose une politique économique donnée. Même à ce niveau, cela reste un cadre (comme toute constitution traditionnelle d’ailleurs).
La politique de l’Union sera « de droite » ou « de gauche » selon « la couleur politique » qui ressortira de l’élection au suffrage universel direct du Parlement européen (en parallèle, la politisation de la Commission qui s’accentuera est une bonne chose pour le débat démocratique).


"3. Une Constitution est révisable : ce texte-là est verrouillé par une exigence de double unanimité. . Le "traité constitutionnel" est beaucoup trop difficilement révisable : pour changer une virgule à ce texte, il faut d'abord l'unanimité des gouvernements pour tomber d'accord sur un projet de révision, puis il faut l'unanimité des peuples (parlements ou référendums) pour le ratifier. . Avec 25 États, cette procédure de double unanimité est une vraie garantie d'intangibilité pour les partisans de l'immobilisme. Ce texte est pétrifié dès sa naissance."


Réponse :

Comme il a déjà été dit, la construction communautaire est unique, l’UE n’est pas un Etat, ni même un Etat fédéral ou confédéral (même aux termes de la « constitution »).
Elle se construit et s’unifie toujours plus étroitement entre ses Etats membres, il peut donc sembler évident que cela passe par des traités et donc par l’unanimité.

Les révisions d’une constitution classique d’un Etat se font le plus souvent à la majorité simple ou absolue. Mais l’UE n’en est pas un, il faut d’abord que les Etats soient disposés à déléguer une plus grande souveraineté et une nationalité européenne reconnue juridiquement.

Ensuite l’argument de la « double unanimité » n’a pas de sens, tous les traités communautaires sont déjà passés à « la double unanimité » qui n’en est pas vraiment une.

Ajoutons que ce traité sera pourtant plus simple à réviser que les autres, en particulier pour la partie 3 puisqu'il existe une procédure de révision simplifiée (art. IV-444 et IV-445) et des clauses passerelles (en faisant passer des domaines de décision du vote à l'unanimité à la majorité du Conseil des Ministres). Surtout, le Parlement européen aura le droit d'initiative pour demander une révision.

Au demeurant, la règle de l'unanimité a l'avantage de nous protéger contre une révision éventuelle de la "Constitution" qui nous serait imposée par nos partenaires et qui supprimerait par exemple "l'exception culturelle" (qui est justement maintenu dans le traité constitutionnel européen) ou la reconnaissance de certains droits sociaux.


"4. Une Constitution protège de la tyrannie par la séparation des pouvoirs et par le contrôle des pouvoirs : ce texte-là organise un Parlement sans pouvoir face à un exécutif tout puissant et largement irresponsable. . Le Parlement européen ne peut pas mettre en cause un commissaire, il ne peut que révoquer en bloc la commission et seulement pour un usage pénal, pas pour sanctionner la politique de la commission, ce qui limite considérablement son influence. . Le Parlement européen ne peut pas renverser le Conseil des Ministres qui est donc absolument irresponsable. . Exemple de la toute puissance des commissaires : le commissaire chargé du commerce international est le représentant unique de l’Union dans toutes les négociations internationales (OMC et autres). À lui seul, cet homme concentre donc un pouvoir vertigineux. C’est à ce titre qu’il négocie l’AGCS (Accord général sur les services, version mondiale de la directive Bolkestein) au nom de tous les européens, mais dans le plus grand secret . Le Parlement européen n'a également aucun moyen sérieux de contrôler et d'infléchir la politique menée par l'exécutif. Dans le meilleur des cas, il légifère en codécision. Il y a même une série de sujets qui lui échappent totalement ! . Le Parlement européen n'a pas l'initiative des lois."


Réponse :

Ceci n’est pas exact, et même déforme le sens du texte. Quand il ne le fait pas, il le dramatise.
Certes, concernant les négociations dans le domaine du commerce international, il n’y a pas assez de contrôle et de visibilité. Mais cela est déjà le cas aujourd’hui et cela sera amélioré, justement grâce à la Constitution.
Cela parce que le Parlement pourra auditionner les Commissaires et organiser des commissions d’enquête sur le bon fonctionnement des autres institutions et leur conformité à la « Constitution ».
Certes, il n’y a pas de pouvoir contraignant, mais il y a un vrai pouvoir politique. N’oublions pas la Commission « Santer », renversée par le Parlement européen, avant même qu’il ne dépose une motion de censure.
Le Parlement peut renverser la Commission (simplement sur sa gestion) qui, elle est réellement à l’initiative des lois. Ce n’est pas le cas du Conseil de Ministre qui, lui, codécise avec le Parlement (sur 95 % des sujets).

De plus le "monopole d'initiative" qu'a la Commission n'est pas forcément une erreur et n'est pas une initiative du Traité constitutionnel : c'est au contraire une constante de la construction européenne et c'est même l'un des traits de génie de son principal père fondateur, Jean Monnet. L'idée est que le pouvoir de proposer les lois soit confié à une institution incarnant l'intérêt général, ceci afin d'éviter qu'une coalition d'Etats ou de parlementaires de certaines nationalités puissent imposer à d'autres Etats, par l'application de la règle de la majorité, une législation qui ne tienne aucunement compte de leurs intérêts nationaux. C'est cette règle qui a convaincu les Etats de transférer à l'Union européenne toute une série de compétences sans craindre que leurs intérêts ne soient systématiquement bafoués.

Puis, il faut rappeler encore que nous ne sommes pas dans un Etat. Cela reste une union d’Etats. La nuance est essentielle. C’est pourquoi il peut sembler logique que le Conseil des Ministres qui représente les Etats ait encore un poids important, même si c’est très regrettable.

Ajoutons par ailleurs que la Commission et le Parlement seront de plus en plus politisés, donc plus démocratiques et légitimes, et auront ainsi plus de poids face au Conseil des Ministres.
C’est plus sur ce qui est aujourd’hui en vigueur qu’il faut s’indigner.

Ensuite, sur le droit d’initiative populaire, posons nous une question : avons-nous un seul droit équivalent dans notre système français ? C’est-à-dire, le droit de demander à notre Gouvernement de proposer une loi par une pétition de 125 000 signatures (c’est le chiffre qui correspondrait pour la France) ?
Certes, la Commission européenne dispose et n’a aucune obligation juridique. Mais n’est-il pas mensonger de croire qu’une telle pétition (1 000 000 de citoyens) venant de divers Etats, n’aurait pas un poids politique contraignant pour elle ?

Aussi, rappelons que l’Union se fonde beaucoup sur la pratique et pas strictement sur le droit.
Or la pratique est souvent fédéraliste et plus démocratique. A cela il faut ajouter la jurisprudence de la CJCE qui est toujours allée beaucoup plus loin (dans le sens d’une amélioration) que les textes des traités.
D'ailleurs, l'avancée en matière de protection des droits de l'homme est énorme avec l'insertion de la Charte des droits fondamentaux (à l'inverse de ce que prétend M. Chouard) : d'une part, l'Union dispose ainsi du meilleur "catalogue" de droits de l'homme au monde (et quand M. Chouard écrit que le traité ne reprend pas les dispositions positives en la matière de la Constitution française, c'est faux, car la Cour de Justice Européenne se doit de s'inspirer en plus de la Charte, des dispositions constitutionnelles de chaque Etat) et surtout, désormais, n'importe quel citoyen pourra saisir la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui désormais tiendra obligatoirement compte à la fois des droits de la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme (CEDH) et à la fois des nouveaux droits (notamment les droits économiques et sociaux) introduits par la Charte des Droits Fondamentaux, pour tout acte relevant de l'Union européenne. Ainsi, la protection est accrue en comparaison à celle de la seule CEDH. Car l'UE a, en tant que personne morale, intégré la CEDH. Cela signifie d'ailleurs, que désormais la Cour de Justice Européenne comme la Cour Européenne des Droits de l'Homme pourra infliger des sanctions aux Institutions communautaires (comme si l'Union était un véritable Etat).


L'Europe n'a pas de temps à perdre si elle souhaite réguler une mondialisation économique désordonnée. Un "non" ne ferait que retarder la construction d'une Union cohérente face aux défis mondiaux.
Qui plus est, au vu des clivages politiques actuels en Europe, un "non" serait peut-être malheureusement une aubaine formidable à nos opposants communs que sont les néo-libéraux.
Votons "oui" et continuons à défendre nos valeurs de justice sociale dans une Europe plus proche et plus forte.


nicolas cadène

(Ici au format Word)

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